Neil Gaiman ne redoute pas la bestsellerisation de l'industrie

Julien Helmlinger - 03.02.2015

Edition - International - Neil Gaiman - Best-seller - Bibliodiversité


Via sa page Tumblr, Neil Gaiman partage quelques échanges de questions/réponses qu'il a pu entretenir avec la communauté des lecteurs. Au cours de l'un d'eux, un internaute évoque le fait que les 50 Shades of Grey ont désormais dépassé Ray Bradbury en termes de ventes de livres. Il s'en inquiète et pose alors sa question à l'écrivain. « Pensez-vous que la bestsellerisation de la littérature met la bonne, réfléchie et intéressante littérature en péril ? »

 

 

 

 

Le coauteur de De bons présages, sur le long terme, est plutôt optimiste. Il estime que ces dernières années, sur les listes de best-sellers, de nombreux écrivains de second rang ont effectivement pu battre les ventes de Ray Bradbury, parfois en un rien de temps. Cependant, il pense que l'effet de mode de ce genre de littérature commerciale retombe également aussi vite qu'il est apparu. Alors que les grandes oeuvres restent dans les mémoires.

 

En somme, ne nous inquiétons pas trop et ne nous empêchons pas de lire et de parler de ce qui nous intéresse. À propos de la diversité et de la liberté d'expression, Neil Gaiman, a dernièrement dédié quelques mots et dessins aux victimes de l'attentat perpétré à la rédaction de Charlie Hebdo : 

 

 

 

 

« Je crois que la répression des idées contribue en fait à propager les idées. Je crois que les gens et les livres et les journaux sont des réceptacles à idées, mais que brûler les gens sera aussi inefficace que bombarder les archives d'un journal. C'est déjà trop tard. C'est toujours trop tard. Les idées sont là, cachées derrière les yeux des gens, attendant dans leurs pensées. Elles peuvent être chuchotées. Elles peuvent être écrites sur les murs en pleine nuit. Elles peuvent être dessinées. Je crois que dans la bataille entre les armes et les idées, ce sont les idées qui vont gagner. Parce que les idées sont invisibles, et qu'elles subsistent, et que, parfois, elles sont même vraies. Eppur si muove. Et pourtant, elle bouge. »