Netflix : Fleur Pellerin et les vacances en Corse chez Pascal Breton

Cécile Mazin - 09.09.2014

Edition - Société - Fleur Pellerin - vacances Corse - Netflix


Eh mince. Alors que le cas Thomas Thévenoud occupe la presse entière, on ne s'attendait pas à ce que les premières révélations concernant la ministre de la Culture soit si rapidement faites. Selon L'Express, celle qui n'occupait pas encore la Rue de Valois a passé ses vacances chez un certain Pascal Breton, en Corse. Pas grand-chose, quelques jours. Et Pascal Breton, c'est simplement le réalisateur de la série Sous le Soleil. Pas grand-chose... l'homme qui va produire une série diffusée sur Netflix.

 

Fleur Pellerin, Minister Delegate with responsibility for Small and Medium-Sized Enterprises, Innovation & The Digital Economy, The French Government

Fleur Pellerin

OFFICIAL LEWEB PHOTOS, CC BY 2.0

 

 

Mince, vraiment. À peine arrivée au ministère de la Culture, et voici que Fleur Pellerin se retrouve avec un mini-scandale type « Sarkozy sur le yacht de Bolloré ». Avant le remaniement, la secrétaire d'État aura donc passé quelque temps dans la résidence de Pascal Breton pour ses vacances. Très bien, mais entre la période estivale et la rentrée, les relations entre le producteur et la société Netflix ont fait quelques vagues. 

 

Selon les informations connues, Pascal Breton, qui dirige Fédération Entertainement va donc produire une série, Marseille, destinée à l'opérateur américain Netflix. Il s'agit d'une sorte de House of Cards, mais pour la France. « Ce sera beaucoup plus shakespearien, car de nombreuses histoires de famille viendront irriguer l'intrigue. Il y aura des drames, de la tragédie, quelques explosions, mais ce n'est pas un film d'action », assurait le producteur. 

 

Tout cela ne serait qu'assez anecdotique, finalement et l'on est – presque – loin du yacht de Bolloré sur lequel le président Nicolas Sarkozy, avec sa compagne, avait passé ses vacances, en 2007, peu après son élection. Oui, mais... si l'on met face à cette petite information estivale les déclarations de la ministre concernant Netflix, on se demande si tout est vraiment bien cloisonné... 

 

Sur France Inter, elle déclarait en effet que l'installation de Netflix dans un des pays où l'on pouvait optimiser fiscalement sa société exprimait « un choix de rationalité économique ». Et un peu plus long : « D'une certaine façon, Netflix participe déjà au financement de la création en France. » Et ce, en référence, manifestement, à la série que Netflix et Pascal Breton allaient diffuser.

 


Fleur Pellerin : "Je me battrai pour préserver... par franceinter

 

 

Si la « préoccupation première en tant que ministre de la Culture, c'est de faire en sorte que l'ensemble de nos concitoyens ait accès à une offre légale, avec un catalogue important de films et séries, c'est ça en premier lieu qui permettra de réduire le piratage », alors Netflix représentait un acteur intéressant. Offre légale, fin du piratage... bref, l'équation parfaite. 

 

Il ne manquait que l'inconnue des vacances – celle dont on a toujours du mal à retenir le prénom ?

 

Heureusement, le débat était replacé sur un autre sujet, plus sérieux : « Nous n'avons pas le même niveau de fiscalité dans les différents pays européens et que, pour ces raisons, un certain nombre d'entreprises qui ont le choix dans leur installation privilégient des pays comme le Luxembourg, les Pays-Bas ou l'Irlande parce que la fiscalité sur les sociétés y est plus intéressante ou bien que la fiscalité de ces pays permet de faire transiter des bénéfices jusqu'à des paradis fiscaux. »