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Netflix vire les livres en français des bibliothèques de Toronto

Clara Vincent - 10.01.2020

Edition - International - bibliothèque culture francophone - Langue française Canada - Bibliothèques publiques Totonto


Le réseau de bibliothèques publiques de Toronto (Canada) s’apprête à retirer prochainement plusieurs titres de ses étagères et plateformes de prêts. Les ouvrages en question ? Des écrits de langue française qui ne trouvent pas suffisamment de lecteurs et encombreraient inutilement les fonds.  

Stewart Butterfield - (CC BY 2.0)

 
Au Canada, la langue française a beau être la deuxième langue la plus parlée du pays, elle souffre parfois de quelque forme de dédain. Comme le révèle le site ONFR+, plusieurs milliers de livres en français ne tarderont pas à être retirés des tablettes de gestion de prêts des bibliothèques publiques de Toronto, puis des étagères.

L’explication d’une telle purge serait due au faible taux d’emprunt des livres en question. Mais pas que…

« On nous a envoyé une note disant que le taux d’emprunt des livres francophones et multilingues avait chuté de 47 % et qu’on devait les enlever immédiatement. Le mémo qu’on nous a envoyé pointait du doigt les plateformes comme Netflix. Actuellement, une bonne partie de nos étagères sont vides… », a confié un employé de la bibliothèque Cedar Dra de Scarborough.

Même situation à la bibliothèque de Malvern, où les employés ont été sommés de retirer environ 500 livres en français.

Au total, ce serait plus de 26.000 livres qui seraient amenés à disparaitre de l’ensemble des bibliothèques de la ville, soit 18 % de la collection de titres francophones, a affirmé la porte-parole des bibliothèques publiques, Ana-Maria Critchley auprès du site d’actualité. 
 

La course à la popularité


D’après ce que rapporte ONFR+, cette dernière ne s’émeut que peu de la situation, estimant qu’il est « commun » que les anciens objets se voient remplacés par du matériel neuf. Étrange, venant d’une porte-parole d’institutions publiques chargées de valoriser la culture…

« Nous avons terminé un processus de révision de trois ans de nos collections francophones et multilingues et nous allons retirer du matériel et fermer certaines collections en raison de leur faible utilisation », a-t-elle indiqué.

Affirmant néanmoins que « [s]i certaines collections adultes en français vont fermer, nous conservons en revanche des collections dans 17 succursales plus grandes, où ce matériel circule bien, notamment à la bibliothèque de référence de Toronto et à la bibliothèque centrale de North York ». 

En contrepartie, Ana-Maria Critchley a annoncé que les livres pour enfants, restant encore populaires auprès du public, seraient amenés à être plus nombreux. Chose que réfutent des personnels des bibliothèques concernées : tout ouvrage francophone sans distinction d’âge, est visé par ce retrait, affirment-ils. 

Serge Paul, de l’Association des communautés francophones de l’Ontario à Toronto (ACFO-Toronto) qui défend la préservation de la langue française, a fait part de son indignation. Rappelant à la direction des bibliothèques de la ville que c’était aussi à elle de susciter l’intérêt de ses collections. 

« Les bibliothèques devraient miser sur la communauté et susciter de l’intérêt. Il y a trop peu de choses mises en place. Qu’ils utilisent les réseaux sociaux ! Et moi, je veux voir leurs chiffres pour avoir un véritable état des lieux », soutient M. Paul.

« Ce n’est pas logique de s’attaquer aux livres francophones. Il ne faut pas juste regarder les chiffres. Ce n’est pas acceptable. Il y a deux langues officielles au Canada, notre langue est aussi importante que la langue anglaise. Les francophiles aussi empruntent ces livres, c’est vraiment dommage », poursuit-il. 

Serge Paul appelle à la mobilisation citoyenne pour mettre fin au retrait des livres de langue française dans les bibliothèques. « Nous avons envoyé une lettre au conseil d’administration des bibliothèques de Toronto, mais aussi à l’ensemble des conseillers municipaux de la ville ».


Commentaires
Je n'ai pas compris le titre, ni le rapport avec Netflix.
Bonjour

Il suffit de lire l'article ensuite : tout s'éclaire !
Je suis d'accord avec Refuznik, le titre ne semble avoir aucun rapport avec l'article, qui ne parle pas de Netflix, à part une vague référence dans une citation qui n'explicite en rien un rapport entre la plateforme et le retrait des livres. Qui sont, d'après l'article, retirés par manque d'intérêt (alors que, si on en croit vos propres articles, les séries TV décuplent l'intérêt pour les romans dont elles sont tirées)

Soit c'est du putaclic, soit vous avez oublié un paragraphe dans l'article.
Je ne peux qu'être d'accord avec les deux correspondants ci-haut, votre titre ne reflète en rien le contenu de l'article et prête sérieusement à confusion ! J'ai oeuvré dans le monde des bibliothèques au Canada toute ma carrière et Netflix n'y a aucune incidence... Quelqu'un chez vous a le doigt un peu vite sur la gâchette pour mettre un article en ligne peut-être ?
Le Canada prend Netflix comme bouc émissaire surement pour "faire" pression dans le dossier des quotas et autres taxes pour l'exception culturelle.

Ou alors sur la note manque la mention "Netflix du Livre"
Et il est abusif de dire qu'au Canada (anglophone), la langue française est en déclin : dans les provinces anglophones, la fréquentation des écoles francophones est en hausse grâce, notamment, aux élèves allophones…
Bonjour,

Effectivement nous avons affaire à un titre accrocheur, et la lecture de l'article peut alors nous laisser sur notre faim.

Ceci dit, il a super bien joué son rôle d'accorche puisque nous avons été nombreux à lire l'article, dont le sujet était le retrait d'une très grande partie du fonds francophone dans leqs bib de Toronto.

N'est-ce pas de cela dont il aurait falu plutôt causer ?

En plus une bonne nouvelle vient de tomber sur le site de ONFR+ : cette décision est annulée grâce à l'intervetnion de la Ministre Mélanie Joly qui dit dans un tweet :

"Suite à ma conversation avec le maire de Toronto John Tory, la décision sera renversée. Les livres seront sauvée. La réseau de bibliothèques investira aussi davantage cette année par rapport à l’an dernier en contenu francophonie. Merci John et aux alliés d’être aux aguets ».
Merci Laurence... merci tellement !
Ce n'est pas un titre "accrocheur", c'est un titre "mensonger"

On n'est pas laissé sur notre faim, on se retrouve avec un sentiment de manipulation et de trahison qui nous fait remettre en question le sérieux journalistique et l'honnêteté intellectuelle des auteurs de l'article.

Comme vous le soulignez vous-même, ce manque de sérieux est néfaste à la cause puisque cela détourne le sujet du problème originel.

Et dessert le medium de transmission puisque dorénavant je saurais que je ne peux pas faire confiance aux titres des articles pour refléter leur contenus. Ni aux journalistes pour être honnêtes et reconnaitre leur erreur.
Dans cette petite guerre, Laurence a été la plus lucide et pragmatique. En effet, le titre d'un article ne fait pas le journaliste ni le titre d'un livre un auteur. Attention aux confusions. Là où l'on respecte la liberté d'expression, on peut s'attendre à la liberté d'usage des mots par ceux qui les

écrivent. Si le titre choisi ne plaît pas au lecteur, ben c'est dommage, mais tant pis pour lui. Personne ne l'oblige à lire le texte.



De plus, il existe d'excellents textes sans titre. Et certains invitent même le lecteur frileux à en inventer un si ça lui chante.



Pour connaître le contenu d'un pot, ne faut-il pas ôter son couvercle? Et l'absence de couvercle n'affirme pas celle d'un contenu...quel qu'il soit.



Le titre, ce couvercle du débat!
Un journaliste n'est pas un artiste, mais un professionnel de l'information. On attend donc de lui qu'il informe, avec exactitude et professionnalisme.

Quand on va chez un boucher, on s'attend à y trouver de la viande. Et quand on lui demande de nous donner la viande indiquée "bœuf", nous ne souhaiterions pas qu'il nous donne du cheval. Je doute qu'il soit bien reçu s'il clame que mettre des étiquettes correspondant aux produits va contre sa liberté d'expression.

Si Actualitté se sent une ame d'artiste, il faut dans ce cas préciser qu'on trouve ici de la fiction, et non du journalisme.

Le problème n'est pas que le titre ne plait pas, le problème est qu'il est mensonger, ce n'est pas une affaire de goûts, mais de faits.
Bonjour



Régulièrement, je cherche le mot "bibliothèques" sur Google Actualités, histoire de voir ce qui se dit sur notre métier sur les médias généralistes (je suis bibliothécaire)

J'ai vu le titre, j'ai levé un sourcil interrogatif, j'ai cliqué pour lire l'article.

Je n'ai pas vu non plus le rapport avec Netflix.



Si l'objectif est de pousser à lire l'article, ça marche. Donc oui, ça ressemble bien à du "putaclic".



La question serait alors de savoir si cela correspond à une véritable stratégie d'Actualitté pour gagner (ou conserver) de la visibilité. En tout cas, moi, ça m'intéresserait d'avoir une réponse wink
Bonjour : le lien est bien celui du mémo évoqué dans l'article.

Et donc les nouveaux usages de divertissements et leurs conséquences sur la politique qui s'engage dans les établissements publics. Excellente journée.
Merci à tous les participants du débat. J'ai passé, grâce à vous, de très bons moments, "connu" ou "deviné" des personnes décidées à exprimer, le mieux possible, ce qu'elles avaient à dire.



Merci à AL pour cet espace de liberté qu'elle nous offre si aimablement.



Réjouissons-nous aussi, puisque les bouquins de Toronto, voués à l'exil, sont restés en place!



Osons rêver que c'est peut-être un peu à cause de nos mots, ces indispensables, incontournables et merveilleux compagnons de chaque jour.



Tout est bien qui finit bien. Ce sont souvent les débuts qui coûtent...et le choix d'un titre.
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