New-York : l'auteur jeunesse Jeff Kinney lutte pour les bibliothèques publiques

Joséphine Leroy - 20.05.2016

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Adressée à la Bibliothèque publique de New York, celle de Brooklyn et du Queens, une lettre de Jeff Kinney, l’auteur de Journal d’un dégonflé (éd. du Seuil), enjoint les directeurs de bibliothèques publiques à écrire en quelques mots ce que signifie la bibliothèque pour eux. Les séquences seront utilisées dans le cadre d’une plus large campagne, commencée il y a plus d’un an et destinée à faire comprendre à la mairie et au conseil municipal qu’il faut préserver ces biens précieux. L’auteur de littérature jeunesse s’engage avec d’autres : la romancière Judy Blume (Pour Toujours, éd. l'École des loisirs), Junot Diaz (La Brève et Merveilleuse Vie d'Oscar Wao, éd. Plon), Neil Gaiman (Sandman, éd. Urban Comics), le danseur de ballet Mikhail Baryshnikov, l'acteur Ethan Hawke ou encore le musicien John Legend.  

 

Jeff Kinney, Diary of a Wimpy Kid: Cabin Fever

(Politics and Prose Bookstore / CC BY-SA 2.0)

 

 

« La bibliothèque publique de New York, la bibliothèque publique de Brooklyn et la bibliothèque du Queens travaillent côte à côte pour obtenir des histoires, tenant en une seule phrase, histoires qui peuvent venir de tous les New-Yorkais ! Elles aimeraient exposer vos phrases dans le monde entier. Après tout, chaque voix nous renforce. Et comme je suis bien placé pour le dire, il vaut mieux qu’on se renforce plutôt qu’on se dégonfle ! »  

 

Avec humour, l’auteur jeunesse propose une expérience assez ludique (#InvestInLibrairies) aux internautes : ils inscrivent leurs noms, leurs pseudo, sélectionnent la ou les bibliothèque(s) de leurs choix et adressent un message d’amour, la seule obligation étant que le message doit tenir en une phrase. Il continue par là un mouvement commencé en 2015. (via Galley Cat

 

L’année dernière, l’écrivain et lauréat du Prix Pulitzer Junot Díaz militait lui aussi pour une nouvelle politique concernant les bibliothèques publiques : « Aux États-Unis, les bibliothèques sont une des meilleures institutions — ce ne sont pas seulement des trésors de connaissance, ce sont aussi, en creux, des espaces démocratiques. Cela me tue que New York — la maison qui abrite l’un des meilleurs systèmes pour les bibliothèques publiques au monde — puisse être sous-subventionnée depuis plus d’une décennie. Cela doit s’arrêter. » Une initiative qui avait été suivie par l’auteure Judy Blume. 

 

L’actrice et auteure de pièces de théâtre Anna Deavere Smith s’était, début mai, rangée aux côtés de ces auteurs dans leur combat pour faire renaître les bibliothèques publiques de la ville. Les établissements, souvent en état de délabrement, sont laissés à l’abandon par les pouvoirs publics. 

 

« Après la lettre publiée l’année dernière, les bibliothèques publiques ont reçu un apport significatif qui a aidé à embaucher plus de bibliothécaires, a institué le service de 6 jours dans toutes les branches, est resté ouvert à plus d’événements et plus d’heures de travail pendant les week-ends, rendant ainsi la vie des New-Yorkais plus belle », écrivait-elle dans sa lettre ouverte. 

 

Elle poursuivait : « Mais il y a encore tant de choses que nous volons et pouvons faire — particulièrement avec l’alphabétisation de jeunes et l’accès au numérique. Les meneurs politiques ont besoin de l’entendre. Signez la lettre adressée au maire Bill de Blasio et les membres du Conseil municipal. Dites-leur que nous avons besoin de plus d’investissement dans les bibliothèques ! »

 

Les trois complexes de bibliothèques de la ville (New York, Brooklyn, Queens) souffrent donc depuis plus d’une décennie de vétusté, de surpopulation et de manque d’équipements notamment, ce qui les avait poussés à faire pression sur le maire, qui a effectivement augmenté de 43 millions $ les aides pour l’exercice 2016. 

 

Des auteurs et artistes qui ne se dégonflent pas devant l’immensité de la tâche.