New York : Patti Smith prend fait et cause pour les bibliothèques publiques

Joséphine Leroy - 25.05.2016

Edition - International - bibliothèques New York Patti Smith - Patti Smith auteur Gallimard - bibliothèques publiques Etats-Unis


La liste s’allonge : les bibliothécaires de New York trouvent une nouvelle porte-parole en la personne de Patti Smith. À la suite de l’auteur jeunesse Jeff Kinney et de bien d’autres, la chanteuse, poète et auteure rejoint la défense des bibliothèques publiques de New York, celle de Brooklyn et du Queens. Elle dit observer avec inquiétude le délitement des bibliothèques publiques et les coupes budgétaires continues en cours depuis des années. 

 

Patti Smith.

(Sheana / CC BY-ND 2.0)

 

 

Le maire de New York, Bill de Blasio, est de nouveau interpellé sur les bibliothèques publiques, cette fois-ci par l’icône du rock des années 1970 Patti Smith et auteure de Just Kids ou M Train (éd. Gallimard, trad. par Nicolas Richard). Désormais auteure reconnue, celle qui est aussi la lauréate du National Book Award prend fait et cause contre le délabrement des services, comme des infrastructures. 

 

Dans sa lettre ouverte, Patti Smith partage son attachement aux bibliothèques publiques : « Mon premier grand amour fût un livre. Les Quatre Filles du docteur March, Peter Pan, Jardins de poèmes pour un enfant. Lectrice vorace, ma soif de littérature et mon besoin de diversité dans les livres ne pouvaient être apaisés que par l’existence d’une seconde maison pour moi — la bibliothèque locale. Maintenant, c’est la bibliothèque qui a besoin de nous. »

 

Les trois complexes de la ville (New York, Brooklyn, le Queens) souffrent depuis plus de dix ans de surpopulation, de manque d’équipements, de vétusté. Le maire, mis sous pression, avait augmenté de 43 millions $ les aides pour l’exercice 2016. Plus loin encore, en 2013, le NYPL [New York Public Libraries, NdR] entamait des travaux de restauration et de réaménagement importants... pour des broutilles (l’installation d’une cafétéria par exemple).

 

Un ancien membre du personnel s’en révoltait : « Le problème est peut-être que vous utilisez des méthodes et des instruments d’analyses qui sont bons pour Starbucks ou Walmart. Pour une collection sur Dickens, vous avez quatre lecteurs par an, est-ce pertinent dans ces logiques ? Vous êtes censé être une bibliothèque de recherche universitaire, avec une vision s’étendant non pas sur deux mois, mais sur deux cents ans. »

 

Il ne suffit pas de maquiller les bibliothèques publiques par des mesures ponctuelles, comme le font savoir les professionnels comme les auteurs, qui restent nombreux à se mobiliser. 

 

Car Patti Smith est loin d’être la pionnière, même si le poids de son soutien n’est pas négligeable. Elle rejoint l’auteur jeunesse Jeff Kinney (auteur de Journal d’un dégonflé, éd. du Seuil), mais aussi la romancière Judy Blume, l’écrivain Junot Diaz, l’auteur BD Neil Gaiman, l’acteur Ethan Hawke et le musicien John Legend qui militent depuis l’année dernière pour que davantage de moyens soient mis à la disposition des bibliothèques. 

 

Dernièrement, Jeff Kinney avait créé une plateforme (#InvestInLibraries) à destination des internautes : ces derniers inscrivent leurs noms, leurs pseudo, sélectionnent la ou les bibliothèque(s) de leurs choix et adressent un message d’amour aux bibliothèques publiques, la seule obligation étant de faire tenir le message en une phrase.

 

D’autres auteurs ont écrit des lettres ouvertes, notamment le prix Pulitzer Junot Diaz : « Aux États-Unis, les bibliothèques sont une des meilleures institutions — ce ne sont pas seulement des trésors de connaissance, ce sont aussi, en creux, des espaces démocratiques. Cela me tue que New York — la maison qui abrite l’un des meilleurs systèmes pour les bibliothèques publiques au monde — puisse être sous-subventionnée depuis plus d’une décennie. Cela doit s’arrêter. »

 

Because the Day belongs to libraries ?