New York University : Débat entre experts sur l'avenir proche du livre

Julien Helmlinger - 22.11.2013

Edition - International - Débat - Livre - Futur


Au début de la semaine, l'université de New York s'est prêtée à une conversation quant aux horizons à court terme du livre, à l'occasion d'une table ronde intitulée The Future of the Book. L'événement organisé avec les concours de l'Alumni Affairs Office de l'établissement ainsi que du Center for Publishing, rassemblait en cette occasion plusieurs professionnels. Pour lancer le débat, la première question posée était de savoir à quels défis avaient à faire face dans l'immédiat les divers intervenants.

 

 

 CC by 2.0 par Johan Larsson

 

 

Pour Peter Balis, vice-président et directeur du développement des affaires concernant le livre numérique, chez Wiley, le premier défi concernerait la réflexion axée sur les consommateurs, les lecteurs. Il s'agirait de connaître leurs attentes en matière de lectures, comprenant ce qu'ils veulent lire, comment ils veulent le lire sans oublier le temps qu'ils auraient à consacrer à la lecture.

 

Judith Curr, présidente et éditrice chez Atria Publishing Group, a quant à elle souligné le fait que la plupart des anciens « leviers » qui autrefois garantissaient le lancement d'un best-seller ne fonctionneraient plus. Pour elle, le lectorat serait désormais plus fragmenté et plus rien ne garantirait en amont d'un projet que celui-ci se transformera en succès commercial.

 

Pour le directeur des partenariats stratégiques de Google, Tom Turvey, l'enjeu immédiat se situerait davantage dans l'internationalisation du marché du livre. Pointant ce qu'il considère comme un « manque de cohésion » concernant la norme éditoriale à l'échelle mondiale, il estime que cette situation complique certains lancements à l'étranger.

 

Quand Peter Gethers, président de Random House Films insiste sur le besoin de repenser les processus de publication afin d'en optimiser les déclinaisons sur toutes sortes de plateformes et médias, afin d'être capable de de convertir les livres notamment en séries TV ou sous forme d'adaptations cinématographiques.

 

Sur la question de savoir si le marché du livre numérique se stabilisait, les intervenants se sont révélés unanimes en avançant que tout dépendait des registres littéraires, que le marché de l'ebook s'est finalement segmenté. Pointant notamment le fait que l'on retrouverait près de 60 % de titres de fiction en version dématérialisée tandis que les ebooks se feraient très rares dans le livre de cuisine.

 

Quant à savoir si les méthodes d'acquisition de lectures par souscription étaient chargées de belles promesses pour l'avenir de l'industrie, le panel d'experts s'est révélé plutôt pessimiste. Selon les intervenants, la pratique aurait trop anticipé la demande, et risquerait de nuire aux professionnels du livre en dissuadant les consommateurs d'acheter réellement des livres.