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Ni tondeuse, ni fer à repasser sur un site de libraire (JM Roberts)

Clément Solym - 26.08.2011

Edition - Société - internet - vente - livres


C'est désolant, ou pas. En tout cas, la profession se lamente un peu de ce que la presse se soit emparée autant du sujet. L'épisode Jean-Marc Roberts, patron des éditions Stock fait cependant les choux gras, en cette rentrée littéraire...

Voilà deux semaines, le patron de Stock, invité sur Europe 1 proclamait qu'il fallait se « battre » pour un lieu unique de la vente de livres. Un lieu qui, on le comprendra, ne saurait être internet, royaume d'une terrifiante gratuité, mais également apanage du piratage, du partage et de toutes sortes de choses nuisibles. (voir notre actualitté)


En somme, Jean-Marc Roberts prônait une radicalisation de la vente de livres, pour préserver la bibliodiversité, qui ne saurait être assurée par les cybermarchands. « La librairie est le seul lieu où l’on vous accueille, où l’on vous conseille, où l’on trouve un choix de littérature sur les tables, qui peut plaire ou déplaire, mais qui est un choix de libraire. Il est bien évident que le lecteur en zone rurale, où la première librairie est à 200 km, va commander sur Internet. » (voir notre actualitté)

Et l'intéressé de clamer que les citadins qui « préfèrent commander sur Amazon, moi ça me révulse ». Dont acte.

Librairie, mon cher amour

Revenu sur ses déclarations, un peu, beaucoup, à la folie, passionnément, il expliquait n'avoir aucune velléité de censeur, et que simplement, la librairie était LE lieu de vente des livres. Point barre.

Dans une tribune publiée dans LivresHebdo, et citée par l'AFP, le patron de Stock en remet une couche. « Le savoir-faire et la compétence seront toujours de leur côté. Regardez leurs sites, vous n'y trouverez aucune référence pour les tondeuses à gazon ou les fers à repasser. » De quoi ravir des marchands comme Decitre ou BDFugue, par exemple, qui ne commercialisent que des livres.

Je voudrais 500 g de viande hachée

La logique économique, Jean-Marc Roberts s'en méfie comme de la peste : « Si la vente en ligne généraliste retire aux libraires 20% de la manne que représentent les best-sellers, comment pourraient-ils survivre et s'acharner à promouvoir des auteurs qui ne le sont pas ailleurs ? »

Et d'affirmer avec force que, quitte à commander sur le net, autant le faire sur les sites internet des libraires - oui, mais, combien de librairies indépendantes ont les moyens d'ouvrir leur boutique en ligne, si l'on oublie les gros ? Ou est-ce un moyen détourné de promouvoir 1001libraires - que M. Roberts ne connaît peut-être même pas ?

Alors la messe est dite, une fois de plus : avec la perte de chiffre d'affaires des librairies, c'est toute la chaîne du livre qui est menacée. « Ils flancheront avant nous, nous flancherons aussitôt après, à moins de changer notre rapport au livre et à l'auteur, notre façon de travailler, de vivre et de respirer. »

Fluctuat, nec mergitur


De toute manière, c'est dans l'une de ses dernières interventions qu'il faut rechercher la vérité, qui, comme on le sait, est ailleurs

« Moi j'ai 57 ans, ça fait 38 ans que je suis là dedans... un jour je vais partir jouer à la pétanque. Vous savez, le plus important c'est que certains auteurs et certains éditeurs dont je me réclame ne peuvent pas changer leur façon de travailler (...) De toute façon, on a perdu. Faut pas se raconter d'histoire, je ne suis pas con, on a perdu, c'est foutu, c'est fini. Alors l'étape suivante, oui, elle se fera certainement sans moi. » (voir notre actualitté)

Et pour cause...



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