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Nicolas Hulot pousse-t-il Emmanuel Macron vers une sobriété heureuse ?

Victor De Sepausy - 08.05.2017

Edition - Société - Pierre Rabhi agriculture - Nicolas Hulot écologie - Emmanuel Macron environnemnt


Difficile de manquer cette intervention : Nicolas Hulot avait refusé de prendre un engagement présidentiel, mais fut certainement consulté par l’ensemble des candidats. Hier, intervenant sur France 2, le journaliste-reporter déplorait une nouvelle fois le peu d’intérêt pour l’écologie dans les débats. Non sans parvenir à faire doublement entendre son message.

 

 

 

Emmanuel Macron aura évoqué dans son discours du Louvre la cause environnementale à plusieurs reprises. De quoi, peut-être, rassurer Nicolas Hulot, qui au cours de son intervention n’a pas manqué de faire passer un message.

 

Alors que la campagne présidentielle avait débuté, ce dernier comptait parmi les signataires de l’appel initié par le mouvement Colibris. La campagne citoyenne militait pour une prise de conscience à l’égard de l’écologie, mais surtout une nécessaire solidarité. Et interpellait évidemment les candidats sur des deux points. 

 

Un mouvement a par ailleurs été fondé par Pierre Rabhi, et Nicolas Hulot n’a pas manqué de le rappeler au bon souvenir de chacun, au cours de son intervention sur France 2. Le livre, Vers la sobriété heureuse (Editions Actes Sud), trônait en effet sur l’étagère, largement mis en évidence. Un message directement adressé au nouveau président ? Difficile de ne pas l'envisager, mais plus globalement à l'ensemble des téléspectateurs.

 

Pierre Rabhi est agriculteur bio et essayiste (ainsi que poète). Originaire d’Algérie (Kenadsa), il s’est investi dans une approche respectueuse de l’environnement et des ressources dans les pratiques agricoles. Il prône les vertus de l’agroécologie, et de l’agriculture biodynamique. Et l’ouvrage reflète bien cette dimension.

 

Après avoir dans son enfance assisté en accéléré, dans le Sud algérien, au vertigineux basculement d’une pauvreté séculaire, mais laissant sa part à la vie, à une misère désespérante, il voit en France, aux champs comme à l’usine, l’homme s’aliéner au travail, à l’argent, invité à accepter une forme d’anéantissement personnel à seule fin que tourne la machine économique, point de dogme intangible. 

L’économie ? Ce n’est plus depuis longtemps qu’une pseudoéconomie qui, au lieu de gérer et répartir les ressources communes à l’humanité en déployant une vision à long terme, s’est contentée, dans sa recherche de croissance illimitée, d’élever la prédation au rang de science. Le lien filial et viscéral avec la nature est rompu ; elle n’est plus qu’un gisement de ressources à exploiter — et à épuiser.

 

 

L’appel du mouvement Colibris invitait à « limiter notre impact sur la planète », et proposait que « les candidats partageant ces idées à se rassembler et à porter ensemble un projet pour transformer la France et l’Europe ». 

 

Ci-dessous des entretiens entre Nicolas Hulot et Pierre Rabhi :