Nicolas Sarkozy : “Le prix unique du livre a sauvé les libraires”

Clément Solym - 08.11.2016

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Interrogé ce matin dans l’émission de Public Sénat, Territoires d’infos, en partenariat avec Sud Radio, Nicolas Sarkozy a répondu aux interrogations d’un libraire de Leognan. Pour le candidat à la primaire de Les Républicains, l’exercice semblait trop facile.

 

 

 

C’est un marchand de journaux, vraisemblablement une maison de la presse, qui sollicitait l’ancien président. Estimant que beaucoup de choses sont faites pour les banlieues, les grandes villes et les métropoles, mais quid du monde rural ?

 

Nicolas Sarkozy, fin limier, ne tombe pas dans le piège. « Bon, d’abord j’ai compris que ce n’était pas un libraire, mais, enfin, c’est une maison de la presse. Et Dieu sait que c’est important. Enfin, il aurait été libraire, ce sont des lieux de civilisation qu’il convient d’aider. »

 

Et de s’inscrire dans la continuité de Jacques Chirac, pour ce qui touche à l’urbanisme, ou d’évoquer le plan mis en place avec Jean-Louis Borloo. Il faudrait « un plan de la même ampleur, pour la ruralité », qui « se meurt [...] désespère ». Un plan Marshall de 10 milliards € sera nécessaire, avec internet 4G, trains et routes.

 

Rectification de l’animateur en fin d’intervention : c’était bien un libraire sollicité, mais il avait été placé devant un kiosque à journaux. Immédiatement, Nicolas Sarkozy se reprend : « Les libraires, c’est extrêmement important. C’est vraiment des lieux dont on a besoin. Et je dois reconnaître d’ailleurs que le prix unique du livre a sauvé les libraires. Il serait bon de s’en inspirer pour le disque et pour les DVD. » 

 

Probablement est-ce depuis le succès de ses propres ouvrages et les multiples dédicaces organisées en librairie que le candidat s’intéresse tant au sujet. Toutefois, quand il était en responsabilité, son ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a fait adopter la loi sur le prix unique du livre numérique. De l’une à l’autre, on peut envisager que le Président était sensibilisé à la question. 

 

Nicolas Sarkozy intéressait plus les éditeurs que François Hollande 

 

 

Cela sans omettre que jamais le président ne s’est rendu au Salon du livre de Paris, quand François Hollande, alors candidat, pensait à faire un petit détour par la Foire du livre de Brive, soulignant : « Il y a eu grâce à Jack Lang dans les années 80 le prix unique du livre qui en a protégé pendant un temps la distribution. »

 

Pourtant, difficile d’oublier qu’au lancement de son ouvrage La France pour la vie, Nicolas Sarkozy avait ouvertement affiché son mépris pour la librairie indépendante. Le titre avait bénéficié d’une lettre d’information dédiée, diffusée auprès des membres Les Républicains, uniquement avec une redirection pointant vers des librairies en ligne – et des précommandes en version numérique.

 

Difficile, également, d’oublier que c’est aussi sous le règne de Nicolas 1er que la TVA connut une hausse, impactant l’ensemble de la chaîne du livre, passant du taux de 5,5 % à 7 %. Aurélie Filippetti, députée, ne s’y était alors pas trompée : « Tout le bilan de Nicolas Sarkozy en la matière aura été de vouloir creuser un fossé entre les artistes et la jeunesse de ce pays, entre les créateurs et leur public et de criminaliser la jeunesse quand elle a soif de culture, sans améliorer d’un iota la rémunération des créateurs ni l’éducation artistique. »

 

Alors le prix unique du livre qui sauve les libraires, on appréciera, bien entendu... au moins pour la forme.

 

L’intervention est à retrouver à cette adresse dans son intégralité.