Chiffres contradictoires autour des ventes d'ebooks aux USA en 2014 ?

Clément Solym - 02.06.2015

Edition - Economie - livres numériques - ventes USA - éditeurs panel


Les ventes de livres numériques, aux États-Unis, sont décortiquées avec attention. Et quand le cabinet Nielsen présente les résultats de l’année passée, chaque observateur retient son souffle. Ainsi, pour 2014, l’édition américaine accuserait un recul de 6 % des ventes. À force de retenir leur respiration, on raconte que certains seraient morts...

 

/facepalm

The Magic Tuba Pixie, CC BY 2.0

 

 

Selon les données du cabinet, 223 millions d’ebooks auraient été vendus au cours de l’année passée, contre 240 millions en 2013. Avec 26 % de parts de marché, sur l’ensemble des ventes, l’année 2014 accuserait donc le coup : 2013 pesait pour 28 % des ventes. 

 

La fiction adulte reste leader dans le secteur, avec 51 % des ventes de livres effectuées dans ce format, et toujours plus de 50 % pour ce qui tourne autour de la romance, du suspens, du mystère et de la fantasy.  

 

Les jeunes gardent à l’esprit que le livre est imprimé : 24 % des jeunes y sont très fortement attachés, et 30 % de plus les préfèrent, en général. Pour 2014, les ventes d’ebooks jeunesse auraient augmenté pour représenter 15 % des ventes de cette catégorie, avec une hausse de 10 % en regard de 2013. (via The Bookseller)

 

On peut avaler et recracher benoîtement ces données, ou alors s’interroger. Les données émanent en effet des 30 plus importants éditeurs du territoire américain, ce qui fournit une indication, certes, mais, pour exemple, Penguin Random House dispose à lui seul de 150 filiales... Le seul groupe Hachette USA en dénombre près de 25 et Simon & Schuster une quarantaine.  

 

Bon, autre chose : l’American Publishers Associaiton a communiqué des résultats voilà quelques semaines, établissant que chez les 1029 éditeurs sollicités, on assiste à une hausse des ventes de livres numériques de 4,7 %, soit 1,6 milliard €. (via Digital Reader)

 

La question est de savoir si Nielsen n’a pas en réalité parlé de volume de ventes, et non de ventes elles-mêmes. En réalité, ce serait donc le nombre de livres qui a été écoulé, et pas les ventes unitaires. Et très clairement, c’est le volume qui est en cause. Donc, manifestement pas de soucis du côté de chez Nielsen, mais plutôt dans la compréhension globale de l’information.

 

Comme dirait l'autre, donc, pas de panique, surtout quand les données sont aussi contradictoires que cela...