Nikita Struve, éditeur de Soljenitsyne, a tiré sa révérence le 7 mai dernier

Orianne Vialo - 09.05.2016

Edition - Société - Nikita Struve décès - éditions YMCA-Press - orthodoxie Nikita Struve


Nikita Struve, éditeur, spécialiste en philologie russe et chercheur français, est décédé ce samedi 7 mai, à l’âge de 85 ans. Figure marquante de la Russie à l’étranger, l’éditeur slave Nikita Struve enseignait la littérature russe à l’université Paris X-Nanterre et était directeur littéraire des éditions russes YMCA-Press de Paris. Il avait entre autres publié les ouvrages d’Alexandre Soljenitsyne, le premier nœud de La Roue rouge (1972) — titré Août 14 dans l’édition française — et L’Archipel du Goulag (1973).

 

 

 

C’est à Boulogne que Nikita Struve voit le jour, le 16 février 1931. Issu d’une famille allemande d’astronomes au service de la Russie, Nikita Struve décide d’enseigner la littérature russe, à l’image de son oncle Gleb Struve. 

 

Dans les années 60, il rejoint l’Action chrétienne des étudiants russes (ACER), un mouvement de jeunesse affilié à l’Église orthodoxe qui a grandement influencé sa foi chrétienne. Il écrit d’ailleurs pour Le Messager — il en est le rédacteur en chef —, la revue russe du mouvement, très apprécié à l’époque en URSS. 

 

Quelques années plus tard, il devient conseiller littéraire aux éditions russes YMCA-Press, dont les bureaux sont situés à Paris. Créée en 1925, cette maison d’édition publiait la quasi-totalité des œuvres philosophiques et religieuses de l’émigration russe. 

 

Parallèlement, il était membre du conseil de l’archevêché des églises russes sous la juridiction du Patriarcat de Constantinople, et défendait ardemment l’indépendance de l’Église russe dans l’émigration. 

 

Au cours de sa carrière, Nikita Struve a eu l’occasion de publier les manuscrits des meilleurs représentants de l’émigration russe, à savoir Ivan Shmelev, Marina Tsvetaeva et Berdiaev. Il rédige d’ailleurs lui même une étude intitulée Soixante-dix ans d’émigration russe (éd. Fayard, 1996), dans laquelle il explique le phénomène de l’émigration russe, en mettant l’accent sur l’époque la plus féconde — à savoir celle qui s’étend des années 20 aux années 50 en France. 

 

(via Rossiyskaya Gazeta)