Nintendo, les femmes et l'écriture : Salman Rushdie se livre

Clément Solym - 29.11.2010

Edition - Société - versets - sataniques - booker


Dans un entretien donné à bigthink.com, l'écrivain britannique évoque sa vie, et certaines de ses idées farfelues. Tout en gardant les pieds sur terre.

Il n'y a rien à faire, Salman Rushdie sera l'objet d'une fatwa toute sa vie durant. Lancée par l'ayatollah Rouhollah Khomeini, cette dernière a été réitérée par la Fondation des martyrs (sous l'autorité du guide de la révolution de l'Iran) le 14 février 2006. Si vous êtes de confession musulmane, assassiner l'auteur vous vaudra une récompense de 3 millions de dollars.


Malgré cela, l'écrivain n'hésite pas à dire qu'il faudrait lâcher des nintendos sur l'Iran : « Je pense souvent que la meilleure façon de libérer l'Iran serait juste de larguer des consoles via les airs. Et des Big Macs. » À voir. Le fait est que les jeux vidéos ont grandement influencé son dernier livre, Luka and the Fire of Life (Luka et le feu de Vie).

Rushdie, Flaubert et les Lumières

Rushdie rappelle en effet que la fantasy, et généralement la fiction, sont des moyens d'aborder la vérité. « Une fois que l'on accepte que ces histoires sont fausses, on comprend que Madame Bovary ou un tapis volant sont irréels aussi. Le résultat est que l'un comme l'autre sont des chemins pour arriver à la vérité qui passe par le faux. Ainsi, ils peuvent tous deux le faire de la même manière ».

L'écrivain se penche aussi sur la situation des hommes de lettres émigrés, lui qui est parti d'Inde à 14 ans pour rejoindre le Royaume-Uni. Selon lui, les écrivains du monde entier devraient se sentir libres d'écrire sur ce qu'ils veulent et le pays qu'ils veulent.


Car Rushdie soulève une polémique. L'homme de lettres démontre que les auteurs occidentaux tendent à écrire sur tout et partout. Alors que si un auteur du Tiers Monde écrit sur l'Occident, l'écrit n'est rarement pris au sérieux. Un fait du « au colonialisme culturel ».

L'auteur des Versets Sataniques, vainqueur du Booker Prize en 1981 pour Midnight's Children (Les enfants de minuit) peut aussi être léger. Il donne ses conseils sur les femmes, en précisant qu'être l'objet d'une fatwa n'est, dans ce domaine, d'aucune utilité. L'homme aux quatre mariages s'avoue d'ailleurs heureux que les femmes ne s'arrêtent pas qu'au physique. Heureusement, il y a l'écrit.