Niqab au volant, essai sur la liberté de foi au tournant

Clément Solym - 15.10.2010

Edition - Justice - bouc - emissaire - republique


Voile au volant, contravention au tournant... Mais alors... Niqab au volant, liberté de foi au Levant ? On n'y comprend plus rien : cette automobiliste qui se fait verbaliser voilà quelques mois pour avoir porté un voile intégraux en voiture, va nous expliquer.

Sandrine Moulères avait eu le plaisir de contester un PV qu'elle avait reçu, alors que des policiers l'avaient arrêté. Son délit ? Port du niqab, le voil super intégral, alors qu'elle était en voiture et conduisait.

Procès et tout le toutime, logique, mais ce qui le semble un peu moins, ou alors faut qu'on m'éclaire, c'est la publication d'un ouvrage, intitulé Les boucs émissaires de la république. Dans ce livre, elle raconte sa vie avec un niqab, son plaisir de la polygamie et la liberté de vivre sa foi paisible.

« L'histoire, vous la connaissez. Ou plutôt, vous connaissez celle qu'on vous raconte dans les médias (...). De moi, de Liès, vous n'avez que l'image que l'on veut bien donner de nous et qui m'effraierait autant que vous si j'étais à votre place », commence-t-elle dans l'introduction du livre. Car pour elle, qui porte le niqab depuis dix ans « par conviction », et conduit voilée, c'est évidemment une preuve de sa liberté de foi et de ses convictions religieuses.

Certes...

Son essai entend d'ailleurs modifier la vision que les médias ont donc donnée de l'affaire. « Laissez-moi donc tenter de changer votre regard, vous raconter comment nous sommes passés d'une contravention à un tribunal, d'un tribunal à une affaire d'État. » Et son éditeur, qui connaît les ficelles, prend les gants qui s'imposent : « D'aucuns diront que publier ce livre, c'est accepter, et même pire encore, défendre le droit à l'humiliation, favoriser le sectarisme, et inciter au prosélytisme. Face à la totale intolérance que d'autres réclament, nous opposons le droit à la parole. »

Mais aucunement. Publier ce livre, c'est avant tout profiter d'une affaire qui fleure bon le scandale à bon compte et donc tenter de s'assurer quelques rentrées d'argent. De toute manière, le buzz de la rentrée littéraire est fini, alors il ne reste plus que le goût du scandale pour faire du fric. Et de préférence avec un sujet qui fait monter au créneau.

Si en effet, le compagnon (mari ?) de Sandrine est déjà l'époux d'une autre femme, il y a une infraction. Si le port du niqab au volant est interdit, alors point barre : pas besoin de défendre sa cause et d'expliquer au reste du monde le pourquoi du comment. Bon, évidemment, qu'Hortefeux demande qu'il soit déchu de sa nationalité française, c'est l'excès inverse.... Mais enfin, lui, que peut-on encore en faire ?

On publie vraiment n'importe quoi.

Et qui publiera Ceux qui sont pris en otage, au nom de la République ?



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