Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Noël fait du bien au livre papier en Angleterre

Clément Solym - 29.12.2012

Edition - Economie - Noël - Livres papiers - Tablette


On vous parlait il y a peu du succès du livre du chef cuisinier britannique Jamie Oliver qui était en tête des ventes la semaine avant Noël outre-Manche. (voir notre actualitté) Son succès n'est que la pointe émergée de l'iceberg, car les livres papiers font recette au moment des fêtes. Pour la Grande-Bretagne, les chiffres sont connus grâce au  Nielsen BookScan's General Retail Market panel of booksellers. On peut ainsi savoir ce qui s'est vendu dans la plupart des librairies du royaume.

 

My Books

 Jennerally, CC BY-NC-ND 2.0

 

 

Et les chiffres de cette fin d'année sont très bons, à peu près équivalents de ceux d'il y a trois ans. Dans la semaine qui a précédé le 22 décembre, les Anglais ont dépensé la coquette somme de 75,5 millions de £ en livres papier. Il s'agit donc de la meilleure semaine de l'année pour l'industrie du livre classique.

 

Comment faut-il interpréter ces chiffres ? Ils pourraient redonner des arguments à ceux qui défendent corps et âme le livre papier contre son homologue numérique. Il semble surtout que les livres constituent le meilleur cadeau de dernière minute. S'ajoute à cela le fait que le livre peut être considéré comme un cadeau traditionnel en période de fêtes.

 

Ce d'autant plus qu'un effort marketing tout particulier est fait en fin d'année pour booster les ventes. C'est notamment à ce moment-là que sont mis en avant des livres de célébrités, dont les Britanniques sont assez friands. Il faut sûrement y ajouter un phénomène de masse qui consiste à acheter les best-sellers de l'année, histoire de pouvoir dire qu'on l'a lu. C'est ainsi que le roman de JK Rowling a fait un bon score.

 

En guise d'exemple, on peut aussi mentionner le livre du cycliste Bradley Wiggins, vainqueur du Tour de France cette année, qui a vendu 64,000 exemplaires de son livre en une semaine.

 

Les sorties cinéma du moment ont profité à Tolkien et à Yann Martel, avec The Hobbit et Life of Pi.

 

Tout cela pour dire que ces excellents résultats ne doivent pas faire oublier la réalité. Dans les deux premiers mois de 2012, la vente de livres papier avait chuté de 25 % par rapport aux ventes habituelles. Cela avait été analysé comme une conséquence du développement du numérique. Développement qui devrait se poursuivre, étant donné le nombre de readers et de tablettes désormais en circulation.