Non à l'indépendance de l'Ecosse : "être fiers de cet engagement" (Rowling)

Nicolas Gary - 19.09.2014

Edition - International - Ecosse indépendance - Rowling politique - référendum vote


Les résultats du référendum en Écosse sont tombés, et finalement 55 % de la population se sont exprimés contre l'idée d'une indépendance du territoire. David Cameron, le premier ministre britannique s'est félicité, tôt ce matin, de ce résultat, annonçant que le Royaume-Uni devait désormais aller de l'avant. Alex Samond, premier ministre écossais, a pris acte de la décision du peuple, mais rappelé à Londres ses promesses quant au transfert de pouvoirs plus grands à destination de l'Écosse.

  Eilean Donan Castle, Lochalsh, Scotland

Dave Conner, CC BY SA 2.0

 

 

Plusieurs célébrités avaient pris part au débat, sur cette question de l'indépendance, et notamment la romancière JK Rowling. « Cette séparation ne sera ni rapide ni propre : il faudra de la microchirurgie pour démêler trois siècles d'étroite interdépendance, après quoi nous aurons à composer avec trois voisins amers », déclarait-elle précédemment. 

 

« Plus j'écoute les arguments de campagne en faveur du oui, et plus je m'inquiète de la minimisation et même du déni des risques », expliquait-elle en juin dernier. Elle soulignait la dépendance pétrolière à laquelle devrait faire face l'Écosse en cas d'indépendance, le fait de devoir définir une monnaie d'usage ainsi que la position du pays dans l'Union européenne, autant de questions légitimes qu'elle trouve etouffées par des accusations d'« alarmisme » quand les chiffres invoqués dans un camp comme dans l'autre se contredisent si bien qu'il « devient difficile de savoir qui l'on doit croire ».

 

Et de poursuivre alors, considérant que la question de l'indépendance n'apporterait aucun avantage réel à l'Écosse. Un point de vue que Sean Connery ne partageait guère, pas plus que d'autres vedettes hollywoodiennes, ou encore l'auteure Alastair Gray, pour qui l'Écosse restait dans le sillage de Londres, et serait incapable d'évoluer. James Robertson, plus pragmatique, envisageait que les siècles passés n'étaient plus le ciment suffisant pour unir les deux territoires. 

 

Mais ce matin, c'est encore Rowling qui a réagi parmi les premiers. Après avoir fait un don d'un million de livres sterling pour soutenir la campagne du ‘Non' à l'indépendance, une position très fortement critiquée, elle a laissé exploser sa joie. « Vous avez toute la nuit regardé l'histoire de l'Écosse. [Le vote] a connu un grand nombre de participants, un processus paisible et démocratique : nous devrions être fiers. »

 

Avec plus de 80 % de participations aux urnes, la romancière voit avant tout la capacité du peuple à se mobiliser pour défendre les combats et les idées dans les processus démocratiques. « C'est fini. Ce fut une expérience particulièrement difficile, et nous l'avons traversée. Nous sommes tous passionnés par cette Écosse [les partisans du] Oui et ceux du Non. Des changements adviendront », conclut-elle. 

 

L'industrie du livre d'Écosse devrait également réagir à cette nouvelle. En cas d'indépendance, une lourde question liée à la TVA sur les livres se serait posée. Si une Écosse devenue indépendante voulait réintégrer l'Union européenne, l'application d'une TVA sur le marché du livre national pourrait faire partie des exigences de Bruxelles. 

 

En effet, dans les divers États membres l'application de la fiscalité est actuellement variable. 0 % au Royaume-Uni et en Irlande, 3 % au Luxembourg, et partout ailleurs l'on n'échappe pas aux 5 % voire plus.En somme, la taxe qui menace les ventes de livres sur le marché écossais, en cas de prise d'indépendance suivie de retour au sein de l'UE, devrait être de 5 % au minimum. (via Irish Times)