Non, J.K. Rowling ne guérit pas les lépreux ni les paralytiques

Clément Solym - 15.06.2012

Edition - Justice - Rowling - procès - publicité mensongère


Souvenir, souvenirs… En août dernier, ActuaLitté faisait état d'une opération publicitaire orchestrée par PublishAmerica, une société de conseil en édition, qui assurait un service, contre espèces - 49 $ -, de présenter tout manuscrit soumis à J.K. Rowling. Les jeunes auteurs en manque de reconnaissance ne pouvaient que plonger dans le panneau reflétant du miroir aux alouettes…

 

L'ouvrage devait être présenté directement à la romancière, à l'occasion du festival du livre d'Édimbourg, avec un petit mot destiné à la romancière. L'intervention du porte-parole de l'intéressée, Mark Hutchinson, ne s'était pas fait attendre : « PublishAmerica n'a pas accès à Rowling. » La messe aurait dû être dite, et les auteurs seraient retournés à leur métier, ou leurs fourneaux… (voir notre actualitté)

 

Mais voilà : dès lors que l'on parle du miracle de l'édition, avec ses 400 et quelques millions d'exemplaires vendus, certains se mettent à croire en dieu, et ont payé pour ce service. Et, déçus de cette promotion trompeuse, qui ne leur a pas fait croiser la route de la romancière, durant le festival de 2011, trois auteurs ont décidé de lancer une class action et de porter plainte le 8 juin,  la cour de district de Baltimore.

 

 

J. K. Rowling accepts her honorary degree

 

 

Dans cette sombre affaire, même les organisateurs du festival auraient envoyé un courrier à PublishAmerica, pour leur demander de cesser cette opération marketing mensongère. Mais la société nie fermement les allégations des plaignants.

 

La plainte de 52 pages annonce donc que la publicité était trompeuse, que les 49 $ payés ont été abusivement pris, et que rien de ce qui était promis n'a été réalisé. Et PublishAmerica de riposter : « Les allégations des plaignants sont sans aucun fondement et nous avons toute confiance qu'elles ne tiendront pas devant un tribunal. » Les contrats signés avec PublishAmerica seraient clairs sur tous les points, et le fait que 47.000 auteurs aient sollicité les conseils de la société pour commercialiser leur livre est un gage évident de bonne foi.

 

Evidemment…

 

Cependant, la société ne fera pas état de ces questions dans la presse : on n'entendra les réponses qu'au cours du procès.

 

Le fait est que le porte-parole de Rowling avait pourtant nié fermement que les livres en question seraient présentés à l'auteure. Dans une tentative de riposte, les avocats de PublishAmerica avait répondu à Rowling, dans une lettre, assurant qu'ils n'avaient en effet pas de relations directes avec elle, et que cette offre n'impliquait pas qu'elle approuvait la démarche commerciale de PublishAmerica. 

 

Mais alors, qu'en était-il des 49 $ à régler ? Réponse durant le procès…

 

Cette situation ne va pas arranger le cas de PA, qui fait l'objet d'une critique acerbe à l'occasion de la plainte. Les auteurs estiment en effet que les services rendus par la société sont catastrophiques, et que les livres ainsi produits ne sont quasiment pas trouvables en librairie - sauf si l'auteur lui-même les apporte à la boutique. Et encore, dans ce cas de figure, l'auteur doit racheter ses livres, avec une remise consentie, mais payables d'avance.

 

« Les livres sont trop chers et mal édités, ils ne peuvent pas être renvoyés, ce qui les rend tout à la fois indésirables et difficiles à commander », ajoutent les auteurs.

 

En même temps, avant d'écrire, peut-être la relecture de Nietszche s'imposait : Dieu est mort...




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