Non-lieu pour l'auteur du brûlot Abruti de fonctionnaire

Clément Solym - 12.09.2014

Edition - Justice - livre procès - diffamation non-lieu - Pontault-Combault


Mis en examen pour diffamation, un employé de la mairie de Pontault-Combault vient d'obtenir un non-lieu. La parution de son ouvrage Abruti de fonctionnaire, s'était suivie, en février 2013, d'une première mise à pied de 18 mois, et toute la procédure en avait découlé. Mais entre temps, l'ouvrage avait été réédité, sous le titre On ne réveille pas un fonctionnaire qui dort, avec 6 mois supplémentaires de peine, sans salaire. La fin du tunnel juridique est arrivée. 

 

 

 

Le livre était paru sous pseudonyme en octobre 2011, mais Henri Rouant-Pleuret avait fini par être démasqué. Et dans son livre, la maire de la commune était facile à retrouver, motivant une plainte pour « une attaque ouverte contre la ville et sa politique, une description médisante des élus car (l'auteur) est injurieux envers ses supérieurs et ses collègues ». 

 

L'élue, Monique Delessard décidait de porter l'affaire devant les tribunaux avec une plainte contre X, déposée par la municipalité. Mais tant du côté de la procédure, que par un délai de prescription qui s'imposait, ce sera finalement un non-lieu que la cour a prononcé hier, rapporte l'AFP. L'ancien chef de service s'était toujours retranché derrière une volonté humoristique dans sa dénonciation. Il évoquait « plusieurs années de harcèlement moral qui se sont finies par une mise au placard », et avait bien l'intention de dévoiler les couloirs de l'administration.

 

Reste que l'auteur, Jérôme Morin, de son vrai nom, est le fonctionnaire le plus sévèrement frappé par la justice. Et s'il échappe à une procédure en pénal, son cas a fait parler.

 

« La liberté d'expression d'un fonctionnaire est égale à zéro, c'est le paradoxe de notre démocratie », nous précisait l'éditeur Jean-Daniel Belfond, en juillet dernier. « Jérôme Morin avait utilisé un pseudonyme pour la première édition de son livre, à compte d'auteur, mais avait souhaité publier à visage découvert pour la réédition, parce qu'il cherchait à dénoncer un phénomène général, et non la mairie en particulier. »

 

Dans l'ouvrage, celui initialement commercialisé, et sa réédition, il « mettait en cause le fonctionnement interne de la mairie en décrivant de manière médisante les élus de la commune et en fustigeant certains fonctionnaires ». La réédition avait entraîné des corrections et modifications, de sorte que l'ouvrage ne puisse pas être attaqué.

 

La mairie n'était pas joignable pour commenter la décision de justice.