Nook : Microsoft et Barnes & Noble mettent fin à leur accord financier

Clément Solym - 04.12.2014

Edition - Economie - Barnes Noble - Microsoft investissements - partenariat lecture numérique


Le sauvetage de la division numérique de Barnes & Noble vient de prendre l'eau, définitivement. Avec une sanction immédiate de la Bourse, où l'action a perdu plus de 10 points après l'annonce de la fin du partenariat monté avec Microsoft. Wall Street s'est montré implacable quand la chaîne de librairies a annoncé la fin des liens qui l'unissaient à l'éditeur de logiciel. 

 

 

 

Le lecteur ebook Nook, dont Microsoft devait assurer la pérennisation, ne profitera plus de l'implication de la firme de Redmond. Comme d'autres détaillants physiques, Barnes & Noble subit de plein fouet la concurrence des revendeurs en ligne, et la croissance du livre numérique sur le territoire américain. 

 

En cherchant à développer sa propre marque numérique, B & N avait investi beaucoup d'argent, et essuyé pas mal de pertes. L'arrivée des investissements de Microsoft en 2012 intervenait comme une manne, sans que l'appareil de lecture ne parvienne à rattraper son retard de popularité – et de ventes. À l'époque, Redmond engageait deux fois la somme de 300 millions $ dans 18 % de la société.

 

Sauf que la situation est lourde : B & N s'est engagé à racheter les 16, 8 % de participations détenues par Microsoft dans l'entreprise Nook Media LLC, pour un total de 125 millions $ en numéraire et actions. « Comme les stratégies commerciales respectives de chaque société ont évolué, nous avons mutuellement convenu qu'il était logique de mettre fin à notre accord », assure Microsoft.

 

La communication a immédiatement pris le pas. On assure que cette sortie de Microsoft permettra à Barnes & Noble de poursuivre ses efforts de rationalisation de l'entreprise Nook Digital, et améliorera la flexibilité opérationnelle et stratégique de la société. Microsoft se retrouve donc dégagée de toute obligation dans le soutien financier qu'il opérait jusqu'à lors. 

 

Pour le chiffre d'affaires actuel, les revenus Nook ont diminué encore de 41,3 %, à 64 millions $ sur le dernier trimestre. Pour les magasins, c'est un autre recul, mais moindre de 2,7 % à 1,7 milliard $ sur la même période. Or, tout le problème est que le salut de la firme devait passer, notamment, par le redressement des finances de Nook.

 

Ainsi, en juin dernier, un accord passé avec Samsung permettait au libraire de disposer d'un modèle de tablette à son effigie, mais qu'il n'avait alors plus à développer. Sauf que même Samsung n'est pas parvenu à sauver du naufrage le pionnier de la lecture numérique. De même, le libraire avait installé dans ses établissements des espaces de sensibilisation à la lecture numérique, profitant de sa surface de vente pour valoriser les produits et services de la gamme Nook. 

 

Le détaillant a pris de multiples mesures pour générer du trafic dans ses établissements, notamment durant la période des vacances. Après deux années de baisse dans les ventes, avec des opérations de promotion particulièrement attractives. Avec une base de 650 magasins, la société reste tout de même la première chaîne du pays, et de multiples efforts de réduction de budget ont été amorcées, de quoi, malgré tout, rassurer les investisseurs.

 

Pour les observateurs, la situation nouvelle indique que les boutiques physiques vont toutes, ou presque, vers un repositionnement mettant davantage l'accent sur les cadeaux, les jouets éducatifs et le jeu vidéo. « Les ventes au détail ont continué de bénéficier de l'amélioration des tendances de l'industrie du livre physique, couplées avec nos propres initiatives de marketing », assure Michael P. Huseby, directeur général de B & N.