Normandie : échanger des armes en plastiques contre des livres

Julie Torterolo - 02.12.2015

Edition - Société - association - armes en plastique - normandie


Une association de quartier normande baptisée Harmonie a décidé de réagir aux attentats du 13 novembre dernier à sa manière : les petits Normands sont invités à échanger leurs armes en plastique... contre des livres. 

 

Caen by night

La ville de Caen, Basse-Normandie (Geert Orye, CC BY 2.0)

 

 

C’est au cœur de la Basse-Normandie, à Caen, que l’idée a germé. Lors d’un cours à domicile proposé par Harmonie, association au sein du quartier Copernic, Sophie, 9 ans, interroge un bénévole : « Les terroristes quand ils étaient petits ils n’avaient pas de livre ? ». 

 

Une phrase innocente qui pousse les membres de l’association à passer à l’action : permettre aux enfants d’échanger leurs armes factices contre des livres, objet de culture et de paix. Un geste symbolique après les attaques terroristes qui ont touché Paris le 13 novembre dernier. 

 

« Après le 11 janvier, on cherchait comment apporter notre pierre à l’édifice de la paix et éduquer les enfants au bien-vivre ensemble. Après le 13 novembre, l’idée de l’échange nous est venue quand une enseigne de jouets a retiré de ses rayons toutes les armes factices. On s’est dit qu’au lieu d’aller prendre les armes pour tuer, il valait mieux donner un livre pour découvrir le monde », a expliqué à Ouest France l’association qui possède une bibliothèque de 2000 livres.

 

« Les enfants ramènent leurs armes factices ici et prennent un livre qu’ils peuvent garder puis l’échanger aussi longtemps qu’ils le souhaitent », précise ainsi Aboudakar Ndiaye, secrétaire d’Harmonie, à Normandie-actu. Une initiative encouragée par les parents. « Cela nous a permis de parler de la violence avec nos enfants. Je trouve ça super qu’ils participent à une action de paix », a rapporté Fabienne, mère présente avec ses quatre enfants. 

 

L’association de quartier espère que l’idée va être « reprise dans les autres quartiers de Caen ». Et quant au sort des armes ? Harmonie pense en faire une œuvre d’art comme antithèse de la violence.