“Nous continuerons à imprimer en France” (Vincent Montagne)

Antoine Oury - 12.03.2015

Edition - Les maisons - impression imprimeur - France Vincent Montagne SNE - bande dessinée livres best-seller


Vincent Monadé, président du CNL, avait expliqué hier que des moyens complémentaires accordés au CNL permettraient de prendre en compte l'industrie de l'impression française, et pourquoi pas d'accorder une aide supplémentaire aux éditeurs qui choisissent d'imprimer en France. Vincent Montagne a réagi à cette annonce, en soulignant que l'édition restait attachée aux imprimeurs français.

 

 

Vincent Montagne, SNE

Vincent Montagne, en 2014 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Le choix de l'imprimeur, du côté de l'édition, s'effectue selon trois critères : les titres, les tirages, et le prix de revient. Dans le cas particulier d'un titre potentiellement amené à être best-seller, souligne Vincent Montagne, « nous avons tout intérêt à l'imprimer en France, afin de disposer de temps de réaction qui permettent de réaliser un nouveau tirage de 50.000 exemplaires rapidement ».

 

Dans le secteur de la bande dessinée, que le PDG de Média Participations connaît bien, la reliure particulière d'un contenu de 4 millimètres nécessite l'intervention d'imprimeurs spécialisés, présents notamment en France ou en Belgique.

 

Si les acteurs de l'impression sont donc toujours présents en France, « la ressource rare est le papier, et nous avons besoin d'imprimeurs solides, capables de réimprimer dans la semaine ». Importer la pâte à papier coûte cher, d'autant plus que le prix de la matière est fluctuant et soumis aux taux de change entre euro et dollar. C'est parfois la matière première qui manque, avant tout.

 

« Ainsi, même si les éditeurs ne souhaitent pas changer de marque, ils sont obligés de prendre en compte les rapports prix/délai et qualité/prix », expliquait Pascal Lenoir, directeur de la production chez Gallimard, Président de la CCFI (Compagnie des Chefs de Fabrication de l'Imprimerie et des Industries graphiques) et de la commission environnement du SNE lors d'une table ronde organisée par Fontaine O Livres. Ce qui oblige parfois les éditeurs à se détourner d'acteurs locaux.

 

Certains formats restent toutefois problématiques pour une impression en France : « Quand un éditeur souhaite faire des coffrets, comme Hachette ou Fleurus par exemple, les compétences ne sont parfois plus disponibles en France, et la main-d'œuvre coûte trop cher. Nous choisissons donc de les faire en Chine, en prenant le risque complet de l'édition sur un tirage optimal. Mais il n'est pas possible de faire une réimpression rapide, en cas de succès », explique Vincent Montagne.