"Nous n'assistons pas à 'la fin de l'ebook'" (Publishers Association)

Antoine Oury - 16.10.2015

Edition - International - Richard Mollet - Publishers Association - édition Royaume-Uni


Outre-Manche, la croissance de l'ebook s'est ralentie et les ventes de livres papier ont repris du poil de la bête, un peu comme aux États-Unis. Il n'en fallait pas plus pour s'interroger sur l'avenir du numérique et l'intérêt d'investir, pour certains. À la Foire de Francfort, Richard Mollet, directeur exécutif de la Publishers Association, a fourni quelques analyses du marché britannique.

 

Richard Mollet, chief executive of The Publishers Association - London Book Fair 2015

Richard Mollet, en avril dernier à Londres (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Il s'agit probablement du dernier entretien que nous mènerons avec Richard Mollet : en 2016, il rejoindra la société RELX — ex Reed Elsevier. L'heure du bilan, donc, qui est plutôt positif : « L'édition britannique est en bonne santé, nous assistons à une hausse continue du livre numérique, ainsi que les signes d'une "reprise", si je peux m'exprimer ainsi, du livre papier », se félicite Richard Mollet. Un peu comme en France, finalement, où les premiers signes d'une tendance positive du marché du livre ont été observés.

 

Pour ce qu'il laisse à son successeur, Richard Mollet évoque majoritairement le livre numérique : « Le premier défi sera, pour les éditeurs, de s'assurer qu'un marché compétitif de l'ebook est effectif, et la Commission européenne observe d'ailleurs en ce moment même le marché britannique de l'ebook, et les pratiques d'Amazon. » L'autre défi concerne la « force de travail » de l'édition, de plus en plus influencée par l'informatique : « Il faut recruter les bonnes personnes, nous avons besoin d'individus avec des compétences différentes, parallèlement à celles qui concernent l'édition et la production de livres. » Ce changement dans la formation doit être anticipé, et rapidement pris en compte.

 

Car, même si certains indicateurs sont à la baisse, le livre numérique n'est visiblement pas prêt de quitter les esprits : « La croissance de l'ebook ralentit, mais cela reste une croissance. Ce qui se passe, selon moi, c'est qu'un équilibre qui a été atteint pour le numérique, qui représente 42-45 % du marché grand public, et je pense que ce niveau restera constant à moyen terme. Nous n'assistons pas à “la fin de l'ebook” ou à quelque chose d'aussi stupide, les deux formats seront juste présents, ensemble, sur le marché », analyse Richard Mollet.

 

L'autre sujet de préoccupation, en passe d'être résolu, est celui de la TVA appliquée sur ce format : dans un premier temps, la Fédération des éditeurs européens s'est attachée à convaincre la Commission de modifier sa législation. Tout indique que cette première étape est bien avancée, avec, a priori la possibilité laissée aux États membres de décider sur quels produits appliquer un taux de TVA réduit. « La deuxième étape, c'est de convaincre les gouvernements d'appliquer un taux réduit au livre », souligne Richard Mollet. 

 

Quant à l'avenir du taux zéro actuellement appliqué au livre papier au Royaume-Uni, difficile de savoir, pour l'instant, s'il pourra s'appliquer au livre numérique. « Sans aucun doute, nous le proposerons au gouvernement. Nous sommes persuadés que la lecture ne doit pas être taxée. »