Nouveau conflit dans l'industrie américaine, entre un éditeur et Amazon

Clément Solym - 01.04.2015

Edition - Economie - HarperCollins édition - Amazon vente - offre desaccord


L'éditeur américain HarperCollins décidera-t-il de retirer tous ses livres des tables numériques d'Amazon ? Les négociations qui ont actuellement cours avec le revendeur sont manifestement tendues, et le temps joue contre chacun des deux acteurs. Dans le cadre de discussions commerciales, l'offre du cybermarchand ne semble convenir à personne.

 

 

HarperCollins Publishers - Frankfurt Buchmesse 2014

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Aucun porte-parole, chez l'un ou l'autre, ne fait pour l'heure de commentaires. Amazon se borne à souligner que l'offre présentée à HarperCollins est identique à celles formulées à Hachette Book Group, Simon & Schuster et Macmillan. Et que ces derniers ont accepté. « En vertu de notre accord avec Amazon, votre pourcentage net dans le processus ne va pas changer. Vous serez affectés, comme vous l'avez toujours été, par nos changements de prix. Vos livres continueront à figurer dans les offres et promotions d'Amazon », assure John Sargent, PDG de cette dernière, à ses auteurs.

 

De même, retour en octobre 2014, Simon & Schuster sortait d'un conflit avec Amazon, qui avait duré presque six mois. « Notre nouvel accord assure que vos livres seront disponibles en permanence à la vente chez ce grand détaillant de livres, pour la saison des vacances cette année, et bien après », promettait Carolyn Reidy, la grande patronne.

 

Or, si HarperCollins et Amazon ne parviennent pas rapidement à trouver un terrain d'entente, tout porte à croire que ni les livres imprimés ni les versions numériques du catalogue ne seront disponibles. 

 

L'an passé, l'édition s'en souvient, un vif combat avait opposé Hachette Livre à Amazon, sur le territoire américain. Récemment, Arnaud Nourry, PDG du groupe, inaugurait le nouvel immeuble de Vanves pour Hachette Livre, et évoquait avec une discrétion qui en disait long, cette « crise violente avec l'un de [nos] clients américains ».

 

En novembre 2014, il assurait d'ailleurs : « Le nouvel accord offre des avantages considérables. Il nous donne la pleine responsabilité des prix publics de nos ebooks. Cette approche, connue sous le nom de contrat d'agence, protège la valeur du contenu de nos auteurs, tout en permettant à l'éditeur de modifier les prix des ebooks de manière dynamique et de sorte à maximiser les ventes. Surtout, le pourcentage du chiffre d'affaires sur lequel les droits d'auteurs de Hachette sont versés, pour les ventes numériques, ne diminuera pas en vertu du présent accord. »

 

L'enjeu, qui ne sera certainement jamais très clair, tournait autour du prix de vente des livres numériques, sur lequel le revendeur entendait avoir son mot à dire. Pour maintenir une certaine pression sur le groupe, Amazon avait alors décidé de mettre en place une série de mesures contre les ouvrages (délais de livraison à rallonge, aucune remise, etc.). Les deux acteurs étaient parvenus à un arrangement, dans un soupir commun de soulagement.

 

Dans le cas de HarperCollins, on ignore encore sur quels fondements repose le désaccord. (via Business Insider)