Nouveau-Mexique : des livres bannis des salles de classe

Julien Helmlinger - 14.03.2013

Edition - Justice - Censure - Nouveau-Mexique


La censure frappe également aux États-Unis, où la républicaine Nora Espinoza s'est notamment opposée au projet de Antonio Maestas, visant à ériger un mémorial pour honorer la diversité dans les programmes scolaires de l'État du Nouveau-Mexique. Et le proposant, quant à lui, avait été de ceux qui avaient dénoncé en 2010 la décision du Tucson Unified School District (TUSD) ayant voté le bannissement de cinq ouvrages hispaniques des salles de classe. Les conservateurs craindraient que l'on enseigne aux élèves le ressentiment à l'égard des blancs.

 

 

 

 

Une loi adoptée dans l'État d'Arizona en 2010, exclut des programmes scolaires des écoles publiques l'enseignement de programmes d'études ethniques qui favoriseraient le renversement du gouvernement américain, ou feraient la promotion d'une race ou d'une ethnie plutôt que de considérer les élèves en leur seule qualité d'individus.

 

Et cette année-là, sur sept livres bannis, cinq sont signés par des auteurs hispaniques. Une interdiction justifiée par le TUSC, arguant que ces titres seraient retirés des programmes et salles de classe, mais pas des bibliothèques scolaires.

 

Mais pour certains commentateurs, une pareille interdiction pourrait alors également s'appliquer à des oeuvres classiques, comme Huckleberry FinnTo Kill a Mockingbird, ou encore The Color Purple...

 

En réponse aux interdictions, est apparue sur les routes en mars dernier une caravane-bibliothèque, estampillée Librotraficante, les trafiquants de livres. Conduite par des militants et autres écrivains qui ont voyagé depuis Houston, au Texas, à Tucson, en Arizona, et chargée de livres qui auraient été bannis par le TUSD.

 

Pour Tony Diaz, l'un de ces trafiquants de pages, l'interdiction n'est pas équitable, et très ciblée sur sa communauté. « De toute évidence, quelqu'un au niveau de l'État a conçu cette loi pour mettre fin aux études latino-américaines, parce que cette loi dit explicitement qu'elle ne s'appliquera pas aux études amérindiennes, ni à l'Holocauste. »

 

Pour Nora Espinoza, elle-même hispanique, mais qui soutient l'interdiction, les ouvrages visés seraient particulièrement violents, voire trop matures pour les enfants. Les conservateurs craindraient en outre qu'ils n'inculquent des idées de gauche aux élèves, et un certain ressentiment à l'égard des blancs. Pour elle : « Ma culture a été violée. »

 

Ci-dessous la liste des sept ouvrages bannis en 2010 par le TUSC :

Critical Race Theory par Richard Delgado
500 Years of Chicano History in Pictures par Elizabeth Martinez
Message to AZTLAN par Rodolfo Corky Gonzales
Chicano! The History of the Mexican Civil Rights Movement par Arturo Rosales
Occupied America: A History of Chicanos par Rodolfo Acuna
Pedagogy of the Oppressed par Paulo Freire
Rethinking Columbus: The Next 500 Years par Bill Bigelow