Nouveau PDG à France Télévisions : création, numérique et financement

Cécile Mazin - 09.04.2015

Edition - Société - France Télévisions - service public - PDG CSA


France Télévisions aura un nouveau président : même si Rémi Pflimlin est candidat à sa propre succession, ils sont 32 à postuler pour le boulot. Et dans le cadre de l'esprit de la loi de 2013, sur la transparence, le CSA leur a même demandé de remplir une déclaration de probité. Ceux qui restent sont donc des gens solides et irréprochables.

 

 

France Télévisions

CoLAB FTV, CC BY NC SA 2.0

 

 

Les candidatures sont ouvertes, et peuvent également être secrètes, et il va revenir au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel de définir une liste réduite des candidats possibles. Sautant sur l'occasion, la SCAM s'adresse directement aux PDG potentiels, mais également au CSA et au ministère de la Culture. Dans un courrier, la Société rappelle que « France Télévisions est le partenaire privilégié de la création audiovisuelle ». Et à ce titre, elle incarne un service public, qui a des droits et des devoirs envers le public. 

 

En trois points, la SCAM présente donc les attentes des auteurs, également téléspectateurs. Et de rappeler que l'augmentation « des ressources de la contribution à l'audiovisuel public est un impératif, la condition sine qua non d'une politique ambitieuse et libre de toute pression ».

  

Concernant le financement, la Scam souligne sans faiblir que l'augmentation des ressources de la contribution à l'audiovisuel public est un impératif, la condition sine qua non d'une politique ambitieuse et libre de toute pression.

 

Concernant la création, la Scam appelle le ou la futur(e) dirigeant(e) du groupe public à agir dans plusieurs directions : 

    • Maintenir les engagements dans la création aux alentours de 400 millions dont environ
      90 M € pour le documentaire de création ;
    • Définir beaucoup plus clairement l'identité de chacune des chaînes du groupe ;
    • Créer des espaces de diffusion libérés du carcan du formatage au service de
      l'innovation, quitte à prendre le risque de l'échec de l'audience ;
    • Promouvoir la création inédite dans des tranches horaires de journée et de soirée,
      autrement dit, ne plus les programmer après minuit ; leur assurer par ailleurs une
      exposition spécifique sur le web ;
    • Redynamiser la production et la diffusion de la création en régions en mobilisant de
      nouveaux financements en partenariat avec les territoires et en lui donnant une place
      de premier plan sur les antennes locales et les plateformes numériques ;
    • Orienter la politique de création dans le respect des écritures singulières. 

Concernant le numérique, si France Télévisions occupe déjà l'espace et mène des expériences louables, les moyens restent insuffisants au regard des enjeux d'avenir ; le rajeunissement du public passe par une meilleure exposition et une meilleure utilisation des réseaux sociaux et supports utilisés par ce public.

 

On notera que rien n'est expressément dit sur la question du livre et de la lecture. « À la télévision, le livre est partout, et la littérature quasiment nulle part. [...] Une émission de bricolage peut fort bien inviter un écrivain », expliquait récemment Éric Naulleau, interrogé par l'AFP. Mais après tout, internet se charge certainement d'assurer le service public, en matière de promotion du livre.