Nouveau plan pour rénover la bibliothèque de New York

Julien Helmlinger - 03.06.2014

Edition - Bibliothèques - New York Public Library - Bibliothèque - Etats-Unis


De la facture mal estimée au Plan B. Dans le cadre de son controversé programme de remise à neuf, la direction de la New York Public Library a officiellement admis que les prévisions budgétaires ont très largement été sous-estimées. Si la municipalité de Michael Bloomberg avait alors décidé d'y allouer 150 millions de dollars, on estime désormais que les frais pourraient grimper jusqu'à plus de 500 selon une expertise indépendante. Le nouveau maire, Bill de Blasio, a annoncé courant mai abandonner l'idée originale. Il a toutefois réconforté les dirigeants du service public, qui affirment s'attendre à ce que le budget reste consacré au plan de rechange.

 

 

CC by 2.0 par  Friar's Balsam

 

 

Le plan avait déjà subi les assauts de la critique et la précision de l'estimation budgétaire initiale n'aura pas contribué à rassurer les sceptiques. Certains observateurs se demandent depuis combien de temps la direction du service de prêt est au courant de ces nouveaux chiffres officiels, qui proviennent d'une estimation commandée en juin dernier. Les plus suspicieux allant jusqu'à se demander si l'on ne s'était pas empressé de vider les étagères pour mieux faire du lobbying. On imagine difficilement comment on aurait pu oublier 200 millions de dollars au moment de faire les comptes.

 

Le président de la New York Public Library, Anthony Marx, dont le mandat fut marqué par le fameux plan de rénovation, a quant à lui insisté sur les effets positifs du programme de secours. Il s'agira notamment de réduire à terme les dépenses opérationnelles. Si la conversion du centre de recherche en bibliothèque publique de prêt est abandonnée avec ce revirement, la bibliothèque réservée aux sciences sera malgré tout fermée, et 50 % du centre de recherches devraient être plus largement ouverts au public.

 

Anthony Marx reste optimiste malgré la « route accidentée » qu'aura prise son programme. Il annonce désormais un projet « moins destructeur pour le chef-d'œuvre architectural, et qui pourrait être au plus près de l'estimation des coûts » initiaux. Le but de ce Plan B sera donc, selon lui de renforcer davantage la « transparence du service de prêt », si non auprès des financeurs, au moins pour ce qui concerne les gains d'accessibilité qui seront consacrés au grand public.

 

Les plus critiques lui reprochent de ne pas répondre à toutes les questions posées. Ceux-là pointent le fait que 9 millions de dollars ont déjà été facturés par le designer du plan abandonné, et que l'on ne sait pas qui a payé la note. Le service de prêt est évidemment soumis aux difficultés financières chroniques, et cela ne serait rien comparé aux établissements des quartiers plus pauvres de la ville. Ils rappellent aussi qu'une part des locaux avait été dépouillée de ses étagères de livres à la hâte, dès 2013, ajoutant quelques pertes fonctionnelles dans le bilan des dommages qu'aurait subis la bibliothèque.