Nouveau suicide à la BnF, sommée d'agir par les personnels

Antoine Oury - 09.09.2014

Edition - Bibliothèques - BnF bibliothèque - suicide esplanade Tolbiac - conditions sécurité


Selon des sources syndicales, un lecteur aurait mis fin à ses jours vendredi dans l'enceinte de la Bibliothèque nationale de France, en se précipitant dans le jardin depuis l'esplanade du site Tolbiac. Un événement tragique qui n'est toutefois pas le premier, rappelle le syndicat FSU dans un communiqué. Les personnels de l'établissement pressent la direction d'agir.

 

 

BnF exposition Casanova

L'esplanade du site Tolbiac, donnant sur le jardin (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Le syndicat FSU souligne qu'il s'agit du cinquième cas de tentative de suicide dans l'enceinte de la BnF, dans des circonstances similaires. Certes, le haut de jardin est équipé de parapets et d'une avancée pour éviter les sauts et les chutes, mais ces équipements de sécurité sont insuffisants, explique le syndicat FSU.

 

Ce dernier pointe également la responsabilité de l'administration du bâtiment, à laquelle les risques en matière de sécurité avaient été présentés. Celle-ci, face aux questions de sécurité, « avait répondu de manière dilatoire, affirmant que le coût de tels travaux était trop élevé, ou que le cahier des charges imposé par l'architecte interdisait que l'on pût agir. Il nous avait enfin été répondu qu'il était illusoire de vouloir empêcher les gens de se tuer », témoigne le syndicat.

 

La baisse du nombre de gardiens sur place, à des fins économiques, est également pointée par la FSU comme un des signes du mépris de la sécurité sur le site François-Mitterrand. Le syndicat a demandé la mise en place d'un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHS-CT) exceptionnel, mais la direction de la BnF n'aurait pas donné suite à cette requête.

 

Mise à jour 19h05 : Contactée par ActuaLitté, l'administration de la Bibliothèque nationale de France est revenue sur les dispositifs de sécurité des bâtiments, inaugurés en 1998. « Les gardes-corps verticaux et horizontaux autour du jardin empêchent les chutes accidentelles », nous explique Mikaël Hautchamp, directeur de l'Administration et du personnel, « quand les rondes des gardiens tentent d'éviter au maximum les incidents, comme les tentatives de suicide ».

 

À ce titre, Mikaël Hautchamp tient à préciser que le nombre de gardiens, sur l'esplanade, n'a pas été réduit, et que les diminutions de postes pour des raisons budgétaires concernent d'autres secteurs du site François Mitterrand. 

 

Suite à l'événement, l'administration examine les solutions envisageables : un filet tendu au-dessus du jardin pose des questions logistiques, puisque la surface représente un hectare, tandis que la forêt attire des nuées d'oiseaux, qui se trouveraient alors prisonniers de la protection. Cependant, des filets de taille plus réduite pourraient être suspendus le long des rebords. À l'exception « du respect du bâtiment », note Mikaël Hautchamp, de multiples solutions peuvent être envisagées.

 

L'administration indique enfin que ce point sera évoqué au CHS-CT du 10 octobre, et non lors d'une réunion spéciale, pour étudier les différentes hypothèses avant cette date. En attendant, une cellule psychologique a été mise à la disposition des agents.