Nouvelle menace d'Amazon : un contrat drastique de trois ans

Clément Solym - 18.03.2010

Edition - Société - nouvelle - menace - Amazon


Le chantage semble être finalement le modèle économique d'Amazon. Peu de temps, finalement, après que l'éditeur Macmillan est parvenu à faire augmenter le prix de vente de ses livres numériques, en sortant du carcan des 9,99 $, le cybermarchand vient de décréter qu'il n'allait pas se laisser imposer par des éditeurs les conditions de ventes de leurs livres.

En effet, le New York Times évoque une double source qui fait état de nouvelles conditions pour la vente d'ebooks, clairement énoncées par Amazon : si ce dernier accepte, sur le principe, que les éditeurs déterminent le prix de vente, il exige en parallèle un contrat de trois ans, au cours desquels, « aucun autre concurrent n'obtiendra des prix plus bas ni de meilleures conditions ».

Déjà que les contrats sur une année font peur, à raison, aux éditeurs, simplement parce que le marché du livre numérique évolue jour après jour, et qu'ils souhaitent s'ajuster en fonction, une durée de trois ans paraît irréalisable. Et pourtant, Apple exige les mêmes conditions de vente pour sa boutique iBookstore, et interdiction de vendre à des prix plus bas à d'autres revendeurs.

Pour mémoire, la firme à la Pomme avait posé sur la table que tout éditeur désireux de vendre ses livres sur l'iPad doit offrir les mêmes conditions à tous les libraires. En somme, pour faire affaire avec Apple, le modèle d'Apple doit être appliqué à tous les autres revendeurs. Alors qu'en revanche, Amazon n'a toujours pas promis d'adopter le modèle d'agence (prix fixé par l'éditeur, 30 % de la vente au revendeur le reste à l'éditeur).

Aujourd'hui, cinq éditeurs se sont engagés avec la firme de Cupertino : Macmillan, Simon & Schuster, Hachette, HarperCollins et Penguin. Seul Random House n'est pas encore rentré dans le rang.

La grande différence reste qu'Apple ne semble pas avoir de contrat d'exigence sur plusieurs années. Mais qu'Amazon disposerait d'une très grosse partie du marché du livre numérique aux États-Unis. Et surtout, rien n'indique qu'il est disposé à renoncer à son modèle basé sur l'achat des fichiers en gros, au profit du modèle d'agence.

Conclusion : ceux d'entre les éditeurs qui n'accepteraient pas le modèle et le nouveau contrat proposé par Amazon verraient le bouton d'achat supprimé pour les versions numériques. Et les conséquences seraient funestes pour les maisons qui tenteraient alors de tenter le bras de fer avec le cybermarchand.

Pour autant, Amazon n'a de poids qu'avec certains petits, alors que les ouvrages des grands seront toujours accessibles sur des plateformes comme celle de Barnes & Noble. En tentant de limiter l'instauration du modèle d'agence à quelques grands groupes, Amazon veut avant tout limiter et conscrire la situation, pour accaparer tout un pan du marché numérique.

Alors qu'Apple ne semble pour le moment pas enclin à s'intéresser aux plus petites maisons...