Nouvelle mesure Filippetti : soutenir la librairie en ligne Made in France

Nicolas Gary - 26.03.2013

Edition - Société - Aurélie Filippetti - plan de soutien - librairie indépendante


Invitée ce matin dans la matinale de France Inter, la ministre de la Culture est venue présenter le plan de soutien qu'elle souhaite déployer pour les librairies indépendantes. Aurélie Filippetti, faisant suite à ses déclarations, hier au Salon du livre, sur le stand du Centre national du Livre, en a profité pour ajouter un point passé sous silence : la promotion de la librairie française en ligne.

 

 

 

 

Revenons d'abord sur les mesures présentées la veille : pas plus de précisions sur les dates de mises en place des deux grands pans financiers, mais quelques précisions. Le premier point, une aide à la trésorerie de 5 millions €, gérés par l'IFCIC, sera bel et bien débloqué sous la forme de prêt. Donc à rembourser. Il en va d'ailleurs de même avec les 4 millions € destinés à la transmission, dans le cadre de la vente d'établissements.

 

La ministre précisera que tout cela sera mis en place « très vite », c'est-à-dire « dans les semaines qui viennent », d'autant plus qu'il suffira « d'abonder ce fonds », pour la trésorerie. L'IFCIC est connu pour gérer des fonds pour les industries culturelles, et notamment, pour le cinéma. 

 

Autre point, concernant l'aide à la transmission, la ministre note que certains libraires, quand ils partent à la retraite, « ont du mal à trouver un repreneur ». Il s'agit donc pour le ministère « d'accompagner, de faire un peu comme un incubateur, pour les jeunes gens qui auraient la vocation de devenir libraires ». Les avis divergent toutefois, auprès des libraires que ActuaLitté a pu solliciter : nombre d'entre eux auraient préféré qu'on les aide à maintenir leur activité, plutôt que de les aider à vendre. 

 

En revanche, un troisième fonds, qui ne sera pas sous la forme de prêt, est apparu ce matin. Il aura pour vocation, sous la forme d'aide directe, de faire connaître les sites internet des librairies indépendantes françaises. « Ce sera plusieurs millions d'euros », assure Aurélie Filippetti, sans pouvoir préciser de montant exact, parce que les discussions sont toujours en cours, avec Pierre Moscovici « de la manière dont on va le financer.» « En tout cas ce qui est sûr c'est que cela ne coûtera rien à l'État. Ce sera financé par la solidarité de la chaîne du livre ». 

 

Solidarité, c'était l'un des maîtres-mots dans le discours de la ministre, hier, au Salon du livre. 

 

Le projet serait donc de mettre à contribution « les éditeurs, les distributeurs, les libraires eux-mêmes », donc l'ensemble de la chaîne du livre, « pour soutenir le maillon le plus faible aujourd'hui, mais qui est en même temps le maillon indispensable ». Donc la librairie indépendante. Parmi les pistes de financement, « une contribution volontaire des éditeurs, soit d'un prélèvement sur le chiffre d'affaires des éditeurs ». Le projet reste à peaufiner, mais « l'ensemble de la profession est d'accord. Les éditeurs, les diffuseurs... il y a un grand esprit de solidarité et de responsabilité », note la ministre.

 

Qui en profite d'ailleurs pour rappeler que la semaine passée, dans le même état d'esprit, selon elle, s'est signé l'accord-cadre entre auteurs et éditeurs, sur le contrat d'édition, qui permet de renforcer la confiance entre les deux parties.

 

Si pour l'heure, aucune annonce n'est intervenue pour réguler plus encore le marché, la ministre annonce également une aide « pour les sites de vente en ligne français, indépendants, la librairie Made in France en ligne, en quelque sorte ». Citant plusieurs acteurs comme LaLibrairie.com ou LesLibraires.fr, la ministre souligne « ça existe, on peut acheter ses livres sur des sites de vente en ligne ». Le tout accompagné par le fameux médiateur du livre, qui aura la charge de gérer les litiges et de constater les infractions aux législations françaises. « Y compris de pouvoir demander des sanctions, contre certains sites, comme Amazon par exemple. »