Nouvelles accusations antitrust portées contre Amazon, cette fois au Japon

Clément Solym - 08.08.2016

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L’attaque est portée directement par la Fair Trade Commission japonaise, qui vient de procéder à une perquisition dans les bureaux d’Amazon.com. Les locaux japonais sont visés par une enquête qui soupçonne la firme d’exercer des pressions sur ses concurrents. Les entreprises proposant des prix inférieurs seraient alors victimes des procédés d’Amazon.

 

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Allez, descends, ils t'ont cramé - Takashi Hososhima, CC BY SA 2.0

 

 

Selon un document confidentiel, qui a fuité dans la presse japonaise, l’affaire est bel et bien déclenchée. Cependant, aucun porte-parole du bureau du Commerce n’a encore confirmé ni infirmé : on se contente de louvoyer. Et du côté d’Amazon Japon, c’est le silence absolu.

 

Au cours de l’année passée, le site internet japonais a réalisé 8,3 milliards $ de chiffre d'affaires, souligne l’agence Reuteurs, soit 7,7 % des ventes mondiales. À titre de comparaison, les revenus de son principal concurrent local, Rakuten, ne sont que de 2,9 milliards $ sur la même période. 

 

Union européenne, Angleterre, Allemagne : les doutes pleuvent 

 

Les accusations de violation des lois antitrust ne sont pas l’apanage de l’Europe. Pourtant, dans les États membres, plusieurs procédures ont cours. Le bureau fédéral allemand avait en effet diligenté une enquête en novembre dernier, visant tout à la fois Amazon et Apple. Les sociétés américaines sont soupçonnées d’avoir contraint les éditeurs à accepter des conditions économiques déraisonnables pour la commercialisation de livres audio.

 

Par ailleurs, l’Union européenne elle-même a ouvert une enquête antitrust, pour vérifier les clauses contractuelles passées entre les éditeurs et le marchand, sur la vente de livres numériques. 

 

Enfin, last but not least, l’Office of Fair Trading britannique a lui-même déjà réalisé plusieurs enquêtes entre 2012 et 2013, pour interroger les relations entre les vendeurs tiers et la plateforme. 

 

Pour le Japon, c’est le principe de Marketplace qui serait visé : parmi les malversations dont la firme de Jeff Bezos est soupçonnée reviendrait l’obligation pour les vendeurs de proposer leurs produits à un tarif inférieur sur Amazon, s’ils sont commercialisés ailleurs. 

 

Or, tout comme aux États-Unis, la législation japonaise est particulièrement stricte sur les questions de pratiques anticoncurrentielles – comme la tentative de fixation des prix. 

 

L’autre problème posé est que les marketplaces d’Amazon, lancées au Japon voilà une quinzaine d’années, permettaient à l’Américain d’ouvrir une brèche dans les marchés asiatiques. Au fil du temps, des services nouveaux ont été apportés, pour convaincre les utilisateurs, pour aboutir aux mêmes solutions que celles déployées aux États-Unis. 

 

Dernièrement, c’est le service de lecture sans limite, Kindle Unlimited, qui a finalement été ouvert pour l’Archipel. Toujours avec un modèle de rémunération à la page lue, KU est proposé avec un catalogue de 120.000 titres, pour 980 ¥, soit près de 8,65 €.