Nuit de la lecture : les bibliothèques françaises devenues des criminelles ?

Clément Solym - 12.01.2018

Edition - Bibliothèques - lecture publique scelf - daniel pennac lecture - livres lecture publique


Dans quelques heures, sera officiellement présentée à la presse la 2e édition de la Nuit de la Lecture. Dans un contexte tendu – la tentative de la SCELF d’imposer une redevance pour la lecture publique –, les professionnels se mobilisent. L’occasion est trop importante : qui peut avoir intérêt à taxer la lecture ?


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Ville de Victoriaville, CC BY ND 2.0

 

La situation n’en est pas moins difficile, confiait-on à ActuaLitté en marge des vœux du Syndicat national de l’édition. La SCELF, qui représente 300 éditeurs, ne semble pas sensible aux pressions exercées par le SNE. « Pour autant, nous ne pouvons rien leur interdire : d’autant que certains de nos membres sont favorables à cette redevance. » Complexe... 

 

De son côté, l’Association des Bibliothécaires de France vient de lancer un appel direct à Françoise Nyssen, ministre de la Culture. L’ABF évoque « le dossier très sensible de la taxation des heures du conte et des lectures publiques faites dans les bibliothèques », que la SCELF souhaite mettre en place depuis ce 1er janvier. Lors de la Nuit de la Lecture, des dizaines de bibliothèques deviendront-elles des criminels ?

 

Nous reproduisons ci-dessous l'appel lancé par l'ABF : 
 

Lors de la dernière rencontre organisée au ministère de la Culture, le 1er décembre 2017, sous l’arbitrage de la DGMIC, en présence de la SCELF, du SNE, des représentants des auteurs (SGDL, Charte des illustrateurs jeunesse) et de l’ABF, la SCELF a affirmé son intention de revenir sur l’exonération des heures du conte et des lectures publiques dont les bibliothèques ont toujours bénéficié, au motif que la rémunération de ces lectures était une question de principe qui devait s’appliquer à tous.

Cependant, dans le même temps, la SCELF proposait de ne taxer que les bibliothèques municipales disposant d’un budget pour leurs animations. Cette perception se ferait sur la base d’un forfait annuel de 100 euros pour ces bibliothèques.
 

La lecture publique est en danger : monsieur Pennac, au secours !
 

L’ABF a dénoncé cette proposition qu’elle juge inéquitable et inapplicable dans un communiqué mis en ligne sur son site internet le 12 décembre 2017.


Les représentants des auteurs présents à cette réunion ont d’ailleurs vivement critiqué les intentions de la SCELF à l’égard de la rémunération des lectures publiques exercées en bibliothèques. Ils ont clairement réaffirmé leur refus d’une telle taxation, rappelant au passage qu’une exonération existait pour les librairies, sans qu’il soit question de la remettre en cause.


Tout en rappelant l’attachement des bibliothécaires à la défense du droit d’auteur, L’ABF fait appel à la ministre de la Culture, pour obtenir son soutien pour appuyer notre demande auprès de la SCELF, à savoir le maintien de l’exonération de toute rémunération au titre du droit de représentation pour les heures du conte et les lectures à voix haute, ceci pour toutes les bibliothèques sans exception.
 

 

Daniel Pennac : “Faire payer la lecture publique, c'est non !”


L’ABF rappelle que les heures du conte et les lectures publiques, qui relèvent de plusieurs droits culturels, font partie du quotidien des bibliothécaires, qu’elles contribuent à la formation des citoyens de demain, à la lutte contre l’illettrisme, à la connaissance du monde et à la découverte d’auteurs qui sans elles resteraient sans doute méconnus du grand public.

L’ABF s’inscrit à cet égard dans cette volonté du Premier ministre évoqué dans son discours de politique générale du 4 juillet : « Nous voulons rester, redevenir une nation de lecteurs. »  
 

L’ABF souligne enfin le paradoxe entre le partenariat noué avec le Ministère de la Culture autour de la nuit de la lecture afin de mobiliser les bibliothécaires et de promouvoir l’acte de lire et cette volonté de taxation des lectures à voix haute par la SCELF.



NdlR : « Comme chaque année et à titre exceptionnel, les lectures organisées dans le cadre de la "Nuit de la lecture", qui aura lieu le 20 janvier 2018, seront exonérées de droits d’auteur au titre de l’utilisation des œuvres littéraires pour lesquelles la SCELF a été mandatée », peut-on lire. Autrement dit, les bibliothèques qui ne s'acquitteraient pas de la redevance durant tout le reste de l'année, seraient bel et bien des criminelles...
 

Retrouver le Dossier : La SCELF face à la lecture publique, la redevance qui indigne


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