Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

“Nul doute que la librairie a fait sa révolution et s’est bien ancrée dans le XXIe siècle”

Victor De Sepausy - 19.12.2016

Edition - Librairies - Informatique de gestion librairie - formations librairies - Librairie gestion


Logiciels et solutions informatiques ne manquent pas pour accompagner le travail des libraires. Outils clefs en main ou solutions personnalisées, encore faut-il cerner les besoins et appréhender au mieux les différents produits. Et pour ce faire, une formation peut s’avérer indispensable. Michel Deshors, Directeur du pôle formation de Book Conseil, présente un guide des bonnes pratiques.

 

Librairie Decitre à So Ouest

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

ActuaLitté : Quels sont les outils technologiques pour aider les libraires ?

 

Michel Deshors : Il existe d’abord plusieurs logiciels développés et bien adaptés au métier si particulier de la librairie, pour maîtriser l’information, la recherche bibliographique, les commandes, les réceptions, la mise à part et mise en rayon, la vente, la fidélisation, les retours, l’inventaire, la vie du magasin ou la gestion.

 

Ont été également développées des bases de données riches et bien informées, comme le FEL, Electre ou encore Médiabase qui sont des outils de recherche efficaces. Pour essayer d’être exhaustif et un peu provocateur, je dirais aussi que les sites des grands enseignes de la place sont des mines de renseignements pour les autres libraires.

 

Enfin, une autre avancée technologique a beaucoup amélioré le quotidien du libraire : la transmission des commandes via l’EDI et particulièrement via le « nœud ferroviaire » qu’est Dilicom, un outil technologique indispensable pour une accélération considérable des flux d’information aller et retour.

 

Comment parvenir à fidéliser sa clientèle ?

 

Michel Deshors : Deux conceptions cohabitent le plus souvent. La mise en place d’une carte de fidélité qui porte bien son nom et permet également de créer un fichier client conséquent. Avec le défaut de pénaliser la marge du magasin (— 2 à 2,5 %). C’est parfois insupportable par le résultat. Et la tendance est, pour les créateurs, à la délaisser au profit d’autres méthodes de fidélisation.

 

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L’autre, est l'utilisation à bon escient des nouvelles technologies de l’information comme les réseaux sociaux, les blogs et une newsletter régulière. C’est désormais très efficace et je dirai quasiment indispensable.

 

À quoi le libraire doit-il être particulièrement vigilant ?

 

Michel Deshors : Incontestablement à son assortiment, à ses achats, à ses retours et à l’âge de son stock. Autrement-dit, il doit surveiller sa rotation comme l’huile sur le feu et réagir avec promptitude et discernement. Cette vigilance s’adosse forcément à l’outil informatique qui est là pour aider le libraire même si tout ne se réalise pas tout seul. L’homme et la machine doivent cohabiter.

 

L’informatique (ou l’informatisation) est-elle devenue indispensable ?

 

Michel Deshors : Oui sans l’ombre d’un doute même si cela peut paraître une charge élevée. Pour l’ancien que je suis et qui a connu les fiches vertes, les annuaires papier « livres disponibles » (2000 pages et une nomenclature toujours en retard de 6 mois)) et la gestion à l’intuition, nul doute que la librairie a fait sa révolution et s’est bien ancrée dans le XXIe siècle grâce, en grande partie, au développement des logiciels adaptés à sa gestion et à son commerce.

 

Pourtant et pour être en sournoise contradiction avec ce que je viens de dire, je vais vous raconter l’histoire d’une libraire de proche banlieue parisienne. Vendeuse aguerrie chez les autres, elle a acquis une vieille papeterie délabrée, l’a transformée en une jolie librairie de 60 m2 dont elle a porté le CA de sa boutique 700 000 € en 8 ans, obtenant des résultats rares, tout en refusant systématiquement l’installation d’un logiciel de gestion.

 

Seule concession à la modernité, la présence d’un ordinateur avec un accès à Electre et aux bases des éditeurs et fournisseurs. Elle a depuis peu intégré un logiciel de gestion et ne le regrette pas, même si l’outil en lui-même ne lui sera jamais vraiment familier.

 

Avez-vous des recommandations spécifiques pour les libraires déjà en activité ?

 

Michel Deshors : Prenez le temps de tirer la quintessence du logiciel que vous utilisez même si le temps vous manque toujours ! L’un des problèmes majeurs du libraire est la gestion de son temps. Entre les RDV représentants, les réceptions, les ventes, le traitement des collectivités, les animations… et même le ménage, le temps manque parfois pour tirer les enseignements donnés par les logiciels et gérer en toute connaissance de cause.

 

Malheureusement, certains sont contraints d’utiliser leur bel outil comme une caisse enregistreuse où seuls sont considérés, les réceptions, les ventes et les retours. Je constate toutefois une prise de conscience des atouts de l’outil, et une réaction en conséquence.

 

Formation Informatique de gestion, par Book Conseil

 

 

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