Numérisation : 3,7 millions € du CNL pour le registre ReLIRE

Nicolas Gary - 10.10.2013

Edition - Economie - registre ReLIRE - oeuvres indisponibles - BnF


« Le plan de financement de ce projet n'est pas finalisé. Une participation financière du Centre national du livre au projet est envisagée », expliquait ce matin le ministère de la Culture. Répondant au député SRC Marcel Rogemont (Ille-et-Vilaine), la ministre de la Culture assurait ainsi que pour numériser les oeuvres indisponibles, il manquait encore quelques signatures pour obtenir les crédits.

 

Mais voilà, le ministère de la Culture semble oublier que le Centre national du livre a déjà été sollicité et pas qu'un peu. On a la mémoire très courte, Rue de Valois, et d'autant plus courte que les montants dégagés pour la numérisation des oeuvres indisponibles sont donnés noir sur blanc dans le Bilan des aides 2012.

 

Avec quelques nuances cependant :  

Véritable photographie de l'activité annuelle, ce document retrace de manière exhaustive l'ensemble des interventions1 engagées sur un exercice, à une nuance près : les projets abandonnés dans l'année, c'est-à-dire ayant fait l'objet à la fois d'un engagement puis d'un dégagement sur une même année (en l'occurrence 2012), n'y figurent pas.

Par ailleurs, il convient de souligner que ces données ne recoupent pas nécessairement les crédits effectivement versés, une partie du paiement réel n'intervenant qu'après réception des pièces administratives justificatives et/ou la réalisation des projets dans les délais prévus.

 

Nous avons sollicité le Centre national du livre pour savoir si les montants avaient été versés en intégralité. Mais toute entité qui a pu percevoir une subvention ou une aide du CNL reçoit généralement 50 % à la signature, et le solde une fois les documents nécessaires fournis. 

 

 

 

 

Pour la BnF, si l'on se demandait encore qui avait bien pu payer les frasques du registre ReLIRE, c'est très simple : deux lignes figurent sur le Bilan 2012 (p.197) présentant officiellement

  • Les indisponibles : 289.000 €
  • Numérisation (documents imprimés, Réserve et Arsenal, indisponibles) : 3,411 millions €

 

Comment diable le ministère de la Culture a-t-il donc pu oublier qu'il avait, depuis les caisses du CNL, alloué un montant minimum de 1,85 million € (si l'on ne prend en compte que la moitié de la somme totale) voire 3,7 millions € si l'on cumule les deux montants. Toutefois, on ignore quelle est la part qui, pour la partie Numérisation, concerne strictement les oeuvres indisponibles.

 

Nous attendons toujours des réponses du ministère de la Culture, sollicité ce matin même. Pas de chance, nous sommes patients. Car ce qui est de toute manière évident aujourd'hui, c'est que ce sont des fonds publics qui ont servi à la constitution de la base de données à 125.000 € achetées à Electre et qui contenait erreurs et autres bévues, autant que le financement des campagnes publicitaires ou de l'agence de communication, dont on se demande bien avec qui elle peut communiquer...

 

Pour mémoire, voici les postes de dépenses - connus - à charge de ReLIRE :

  • campagnes publicitaires sur internet, 
  • services d'une agence de communication
  • déplacements de représentants pour des réunions dans les Centres régionaux du livre 
  • acheter la base de données à Electre (124.900 €), 
  • réaliser un premier site internet - et anticiper un second site qui coûtera près de 600.000 €

 

Et ce qui est sympathique, c'est que pour l'heure, pas une seule oeuvre n'a - heureusement - été numérisée...