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Numérisation : les États européens doivent travailler plus

- 28.10.2011

Edition - Bibliothèques - Europeana - Europe - numeriser


Pour se constituer un catalogue solide d'oeuvres numérisées, la bibliothèque en ligne Europeana a besoin que les États membres s'activent en matière de numérisation. On compte en effet 19 millions de documents disponibles à ce jour, et la bibliothèque souhaiterait parvenir à 30 millions d'ici 2015...

 

De quoi lancer un appel du pied, celui de Neelie Kroes en l'occurrence. C'est qu'en novembre 2010, la bibliothèque comptait 14 millions de documents numérisés. Un ajout de 5 millions en une année, qui fait s'interroger sur les perspectives annoncées par l'UE. À ce rythme, ce serait plutôt quelque 39 millions de documents qui pourraient être disponibles en 2015.

 

Or, selon les prévisions, on sait que l'Allemagne et la France devraient respectivement proposer 5,5 et 4,3 millions de documents d'ici à 2015.

 

Développer les partenariats publics/privés

 

Cependant, la commissaire responsable des nouvelles technologies est dans le vrai : investir dans la numérisation permettra de créer de nouveaux emplois, mais fera également émerger de nouvelles sociétés. À ce titre, elle encourage les États à passer par des accords entre le public et le privé, à l'instar de ceux qui ont déjà été signés en France, entre Google et différentes bibliothèques et même éditeurs (Hachette et La Martinière pour l'heure).

 

 

C'est d'ailleurs ce point précis que cible la commissaire, en incitant à numériser des oeuvres indisponibles dans le commerce, bien qu'elles soient toujours protégées par le droit d'auteur. « L'Europe a probablement le plus important patrimoine culturel au monde, elle ne peut pas se permettre de rater les occasions offertes par la numérisation et de risquer en conséquence le déclin culturel », cite l'AFP.

 

Pourtant, il faudra comprendre ce qui est entendu par « rendre disponible ». En effet, du côté La Martinière comme Hachette Livre, l'accord passé avec Google vise la commercialisation des titres numérisés. Et pas vraiment leur mis à disposition sur Europeana.

 

Mais en France...

 

Or, il est intéressant de se rappeler qu'un accord-cadre, toujours assez nébuleux, a été passé entre la BnF et les éditeurs, en février dernier. Il visait à la numérisation de 500.000 titres épuisés du XXe siècle. (voir notre actualitté

 

Et c'est à ce titre que le député Hervé Gaymard a dernièrement présenté un texte de loi concernant, justement, ces 500.000 oeuvres, en leur proposant un cadre juridique sécurisant.

 

Concernant l'accord-cadre, on n'en sait pas plus : la rue de Valois, en septembre dernier, avait fait paraître une réponse au Journal officiel, pour évoquer cette question. Comme à ce moment, rien n'était encore défini, il fallait se contenter d'une réponse quasi de Normand, sur le devenir des oeuvres, autant que sur les modalités de la numérisation. (voir notre actualitté)

 

Aussi, c'est pas pour dire, mais en exhortant à la numérisation dans les États, Neelie met surtout les deux pieds dans le plat, pour ce qui concerne le domaine français...

Après tout...