Numérisation : Un changement d'attitude de Google ou de Gallimard ?

Clément Solym - 18.11.2010

Edition - Société - accord - google - hachette


On comprend assez difficilement la position que vient d'adopter le patron des éditeurs français, commentant le protocole signé entre Hachette et Google Books.

En effet, cité par l'AFP, le président du Syndicat national de l'édition considère que « cet accord témoigne d’un changement d’attitude sans précédent ». Changement d'attitude ? Eh bien oui. Mais pourquoi ? Mystère.

Petit rappel : l'accord entre les deux sociétés concerne des oeuvres « commercialement indisponibles ». Et le président du SNE télescope de fait les problématiques judiciaires sur la numérisation massive et douteuse de certains ouvrages encore sous droits, avec l'accord dévoilé hier entre Hachette et Google, concernant la numérisation de ces oeuvres indisponibles. (notre actualitté)

« Cela voudrait dire que Google reconnaît que le fair use anglo-saxon ne peut s’appliquer en France et qu’il arrête de numériser sans autorisation », ajoute-t-il. Que l'on ne s'y laisse pas prendre : les enjeux diffèrent radicalement entre l'accord qui liera (après tout, on ne saura que dans six mois...) les deux sociétés et les raisons qui ont motivé le procès impulsé par La Martinière.

De fait, le président du SNE est également grand patron des éditions Gallimard. Et de ce fait, il a besoin d'adopter des postures telles que l'on avait pu voir Serge Eyrolles, son prédécesseur, en prendre, quitte à dire l'inverse de ce que sa société faisait. (notre actualitté)

Et au titre de patron de Gallimard, il est 'intéressable' par ce projet de numérisation des oeuvres indisponibles, au même titre que d'autres éditeurs. Probablement ce qu'il sous-entend gentiment en expliquant : « C’est intéressant pour l’ensemble de la profession car cela peut nous aider à gérer la zone grise. »

Il faut savoir que dans l'ensemble, ces derniers ont accueilli plutôt favorablement la nouvelle et que l'on pourra assister à des signatures d'accords similaires au cours des prochaines semaines. En somme, ses déclarations n'ont qu'un but, permettre au président d'adoucir ses positions sur Google, en vue d'un possible accord. Et donc de se donner le beau rôle, en tapant un petit peu plus sur Google. Qui n'est probablement pas à ça près...

Mais personne n'était vraiment dupe, si ?

Quant à savoir si Google continuera de numériser illégalement des oeuvres, comme Antoine Gallimard s'en préoccupe, le sujet reste entier.