Russie : les éditeurs refusent de se faire déposséder de leurs ebooks

Nicolas Gary - 09.06.2015

Edition - Bibliothèques - Russie livres


Redoutant les pertes liées au piratage, la Chambre du livre de Russie, qui réunit les plus importants éditeurs du pays vient de mettre un veto ferme. Le gouvernement veut en effet contraindre les éditeurs à proposer des copies numériques de leurs nouveaux livres, dans le cadre du dépôt légal, pour alimenter une bibliothèque nationale digitale.

 

Russia | Kremlin

josef.stuefer, CC BY 2.0

 

 

Pavel Zotov, directeur de la Chambre, estime qu’une pareille solution conduirait l’industrie russe de l’édition à un effondrement. « Le gouvernement russe a décidé d’économiser de l’argent sur la numérisation. Dans le même temps, le problème se double également de ce que la Russe dispose d’une législation encore très pauvre en matière de droit d’auteur. »

 

Et dans ce contexte, chaque nouveau livre publié, et mis à disposition dans la bibliothèque numérique impliquerait des pertes importantes pour les maisons.

 

C’est que le gouvernement a choisi de stocker ces exemplaires numériques dans la nouvelle Bibliothèque nationale numérique créée dernièrement. Elle réunirait de la sorte un fonds issu des bibliothèques de Russie, régionales et municipales, ainsi que des catalogues venus d’institutions académiques.

 

Pour l’heure, cette bibliothèque ne dispose que de 10 % des toutes les parutions du pays. Mais la perspective d’augmenter progressivement ce catalogue conduit donc le gouvernement à des mesures qui semblent extrêmes pour les éditeurs. 

 

Pour ces derniers, avant que recourir à une méthode aussi radicale, il est primordial que le pays se dote d’une législation permettant d’instaurer un cadre réglementaire – et donc de le concevoir au préalable, en accord avec les principaux intéressés. 

 

Tout cela aurait pu s’arrêter à ce stade, frontalement, mais le ministère de la Culture est intervenu, pour calmer le jeu. Le pays compte acheter les droits des œuvres numériques. Ces montants auraient pour intérêt de compenser les pertes des maisons, et couvriront un certain nombre de prêt. Un renouvellement, selon conditions, assurera la couverture d’autres frais.

 

Mais, même de la sorte, Maxim Byabyko, responsable juridique de la maison Eksmo, basée à Moscou (l’équivalent de Gallimard en France...) refuse l’idée. Une initiative ainsi montée limiterait malgré tout la capacité des éditeurs à protéger leurs contenus d’une reproduction non autorisée. (via Publishing Perspectives)

 

Numériser de toute urgence

 

Dans le même temps, on apprend que Microsoft, qu’on pensait peu ou prou rangée des voitures en matière de numérisation et de livres numériques, a signé un accord avec 197 bibliothèques de la ville de Saint-Pétersbourg. Cela implique la numérisation des œuvres, ainsi que le stockage dans le cloud Microsoft Azure – assuré pour une période de 100 ans.

 

Le projet est estimé à 50 millions de roubles, soit 924.000 €, et d’autres investisseurs pourraient survenir. Anton Zhandarov, responsable information de la bibliothèque Maïakovski, qui dispose de 120.000 titres en catalogue, explique avoir déjà entamé la numérisation. Le volume aurait déjà atteint 1 pétaoctet, soit 1 million de gigas. 

 

Le transfert vers le cloud, qui ne va pas sans quelques inquiétudes, est devenu une urgence : après l’incendie qui a frappé la bibliothèque de l’Institut d’information scientifique et de sciences humaines, en février dernier, la préservation des collections s’est imposée comme une urgence. 

 

Près de 1,5 million de documents et livres a été détruit dans cet incendie.


Pour approfondir

Editeur : Gallimard BD
Genre : bandes dessinees...
Total pages : 64
Traducteur :
ISBN : 9782070628254

Chagall en Russie t.1

de Joann Sfar

Vous ne lirez pas ici la vraie vie de Chagall. C'est un fabuleux conte juif, dont le héros se nomme Marc Chagall. Il vit dans un shtetl de la Russie des Tsars, à l'aube du XXe siècle. Il est jeune et très amoureux. Mais il est peintre aussi, et le père de celle qu'il aime veut pour sa fille " un bon juif qui ait un bon métier ". Quitter son amour ou bien la peinture ? Même le Rabbi de Loubavitch ne sait pas. Alors, Chagall suit la vision étrange qu'il a eue dans un rêve : un palais magnifique dont il aurait peint le plafond. Construire un opéra dans son village et montrer au beau-père.

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