Nuruddin Farah : l'exil, source d'inspiration à l'écriture

Clément Solym - 22.09.2011

Edition - Société - nurrudin - crossbones - farah


Nuruddin Farah, écrivain somalien de langue anglaise exilé, vient de publier Crossbones (Riverhead), le dernier volet d’une trilogie, complétant Links (2006) et Knots (2007).

Crossbones raconte l’histoire de Malik, un reporter de guerre Américain d’origine à moitié somalienne, qui arriva en Somalie en 2006 juste avant que le pays ne fut envahi par l’Éthiopie. Dans un entretien accordé à Reuters, l’auteur explique en quoi ce livre dépeint la Somalie contemporaine.


Nurrudin Farah s’est inspiré de la situation contemporaine du pays pour écrire Crossbones, bien que l’histoire du personnage soit totalement fictive. « Ce que j’ai essayé de faire est de donner une version alternative de celle des gens aux pouvoirs, c’est-à-dire la version des victimes », explique-t-il à Reuters.

Alors que la Somalie connaît encore des difficultés, notamment avec les pirates, la famine, Farah souligne l’importance du rôle de l’écrivain dans ce genre de situation. « Ce qu’un auteur peut faire pour arrêter ça est d’écrire à ce propos, et écrire honnêtement, sans avoir peur. », précise l’auteur ajoutant qu’il aimerait vivre en Somalie, si la situation était moins dangereuse, bien qu’il s’y rende au moins une fois tous les deux ans.

La fiction est le meilleur genre pour écrire sur un pays depuis l’étranger selon l’auteur, qui précise que « la distance distille » et « rend les choses plus limpides ». L’exil l’aidant à prendre du recul sur la situation, Nurrudin Farah est toujours plein d'espoir pour que la situation s'améliore dans son pays : « On s'en sortira, et encore plus fort ».