Obama coupe les vivres d'un programme de lecture national

Clément Solym - 20.07.2011

Edition - Société - obama - financer - budget


Appelez un exorciste. Deubeuliou Bush a pris possession du corps de Barack Obama ! Sinon, comment expliquer la décision du président des États-Unis, pourtant grand lecteur devant l'éternel, et devenu le quasi premier prescripteur de livres dans le pays ?

Carol H. Rasco, PDG de Reading Is Fundamental, organisme de promotion de la lecture, qui touche plus de 4,4 millions d'enfants et de famille, en leur offrant des ouvrages gratuitement, tire la sonnette d'alarme. Au 1er février 2011, le président a en effet mis en place un projet de budget pour 2011, qui éliminait le financement de Reading Is Fundamental.


Ce programme qui dispose de près de 17.000 antennes à travers le territoire se retrouverait alors privé de 25 millions $ de financement, conformément au projet de budget. Impossible d'assurer la distribution des 15 millions de livres offerts chaque année, clame la PDG, qui voit également se profiler une multiplication des échecs scolaires, en conséquence immédiate.

C'est que le programme RIF touche les écoles, les centres communautaires, mais également les bases militaires, les hôpitaux, et se destine aux familles disposant de faibles revenus, aux enfants sans abris, ou encore ceux handicapés et ceux qui ne peuvent pas accéder à une bibliothèque facilement. Depuis 1966 qu'il a été mis en place, jamais il n'avait été menacé et le Congrès, ainsi que six administrations assurent sont financement depuis 1975.

Son rôle est « crucial dans l'amélioration de l'alphabétisation dans ce pays », en offrant des livres neufs gratuitement aux enfants, qu'ils peuvent conserver chez eux. Et plusieurs études ont montré que les enfants bénéficiant de ce programme affichaient de meilleurs résultats scolaires, mais s'impliquent par la suite plus fortement dans leurs communautés. Le réseau RIF, ce sont 400.000 bénévoles à l'échelle nationale.

« Je presse tous les Américains de contacter leurs représentants au Congrès et qu'ils demandent que soit rétabli le financement de ce programme essentiel », conclut Carol, dans un communiqué.

Pour le moment, la Maison blanche n'a pas fait de commentaires.