Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Objet de honte ou Rempart antifasciste : Berlin fête la fin du Mur

Florent D. - 09.11.2014

Edition - Les maisons - mur Berlin Guerre - Allemagne anniversaire - URSS USA conflit


Le 25e anniversaire de la chute du mur de Berlin s'accompagne de multiples commémorations, partout dans le monde. Symbole suprême de la séparation entre un Occident sous l'égide américaine, et le monde soviétique emmené par l'ex-URSS, le mur avait divisé la ville de Berlin en deux mondes, et fixé plus profondément encore la limite entre la RDA, République démocratique et la RFA, République fédérale, en Allemagne. 

 

 

 

Bien entendu, des milliers de livres ont évoqué le sujet du Mur, romans, fiction, essai ou encore beaux livres. Présenté officiellement comme l'Antifaschistischer Schutzwall, mur de protection anti-fasciste, par la propagande de l'est il devint, plus officieusement, et pour tous les Allemands, un mur de la honte. Il fut construit en une nuit, du A2 au 13 août 1961, par la RDA, autorité politique répondant aux injonctions soviétiques. Mur, certes, mais avant tout modèle complexe de sécurité militaire, ce mur réunissait des milliers de gardes, et plusieurs centaines de miradors. 

Le Mur, long de 155 kilomètres (dont 43,1 km sur sa longueur intraberlinoise) venait en complément des 1 393 kilomètres de la longue frontière RFA-RDA et, dans une moindre mesure, des frontières Ouest des pays du Pacte de Varsovie, le tout donnant un visage palpable au fameux rideau de fer.

Le tracé du mur ne correspondait d'ailleurs pas toujours à celui de la frontière politique entre les deux secteurs, et en de nombreux endroits, les autorités est-allemandes durent abandonner du terrain afin d'effectuer un « repli stratégique » vers des zones plus faciles à surveiller. Il coupait 193 rues principales et adjacentes.

Comme le reste de la frontière des deux Allemagne, le mur de Berlin était pourvu d'un système très complet de fils de fer barbelés, de fossés, de pièges à tank, de chemins de ronde et de miradors. Au début des années 1980, la frontière ne mobilisait pas moins de mille chiens de garde. Le système se perfectionnait d'année en année. En particulier, les maisons du secteur Est proches du Mur (la limite entre les deux Berlin passait parfois au pied des façades des immeubles situés en secteur oriental) étaient progressivement vidées de leurs habitants puis murées. Ce processus dura jusqu'au 28 janvier 1985, avec la démolition de l'Église de la Réconciliation dans la Bernauer Straße. Une trouée claire comme le jour divise alors un Berlin autrefois dense et sombre. (via Wikipédia)

 

C'est donc en ce 9 novembre 1989 que le mur de la honte tombera, sous les coups d'un peuple allemand en quête de réunification. Et fort logiquement, Google a offert au monde un doodle de souvenirs, en vidéo, pour rendre hommage à cette date de libération plus que symbolique. Il aura fallu une nuit pour ériger ce mur, et une nuit pour l'abattre, entraînement la fin de la Guerre froide, et la fin de la domination de l'URSS, ainsi que son démantèlement. 

  

 

 

Qu'il soit permis au journaliste matinal d'évoquer cependant deux ouvrages, d'entre tous. Le Maître du Haut Château, de Philip K. Dick, qui raconte une Seconde Guerre mondiale dans laquelle le Japon, Italie et l'Allemagne ont remporté la victoire. Prix Hugo du meilleur roman à sa sortie, en 1962, et ce sont les États-Unis qui sont pour le coup scindés en deux territoire. Or, au sein de ce pays découpé, un romancier envisage ce qui aurait pu se passer si les forces Alliées avaient remporté la victoire. Un livre qui est, dans l'œuvre de l'écrivain, certainement l'une des plus grandes pièces, et dans lequel le fameux mur... n'existe pas.

 

L'autre sera plutôt un clin d'œil adressé aux étudiants du Master 2 Sorbonne Paris 4, et dont le projet de fin d'années consistait à réaliser un ouvrage sur le thème de l'uchronie. Ils ont opté pour un recueil de textes, articles, nouvelles, illustrations, de 60 auteurs et artistes, le tout réuni dans un livre.

Le jour où le mur de Berlin n'est pas tombé – et tous ceux qui suivirent constitue un étonnant recueil de témoignages venus d'un monde parallèle oscillant entre brutalité et poésie dans lequel le lecteur sera confronté à la découverte de nouveaux pays, de nouveaux ordres politiques, de nouveaux enjeux mondiaux. Vous y croiserez David Hasselhoff, Rostropovitch et Honecker, mais aussi un crabe royal du Kamchatka et l'ange desAiles du désir. Autant d'éléments qui s'entremêleront pour dessiner les contours d'un univers pas si fantaisiste qu'il en a l'air, dont les enjeux entrent en écho avec notre propre temps.

 

À retrouver à cette adresse