Observatoire de la librairie : Tableaux de bord pour professionnels

Julien Helmlinger - 20.03.2015

Edition - Librairies - Observatoire de la librairie - Syndicat de la librairie française - SLF - Partage de données - marketing


À l'occasion des Rencontres nationales de la librairie 2015, qui sont programmées les 21 et 22 juin prochains à Lille, le Syndicat de la librairie française lancera officiellement son Observatoire de la librairie. Cet outil impulsé par le SLF repose sur un partage automatisé de données informatiques, entre pros et portant sur les ventes, achats et autres stocks, recueillies auprès des librairies qui y seront affiliées. Bien qu'il soit actuellement en phase de test, le Salon du livre de Paris nous en a livré un premier aperçu en avant-première. 

 

 

 François Boujard, Matthieu de Montchalin et Maya Flandin

 

 

La phase test est actuellement mise à profit par 27 librairies, pour un chiffre d'affaires supérieur à 62 millions d'euros. Comme le présente François Boujard, de la société développeuse du logiciel de gestion en librairie Tite Live, le futur Observatoire se destine à évoluer au fil du temps dans l'optique de répondre aux besoins de ses usagers : les libraires. L'anonymat des usagers sera total, sauf si ceux-ci désirent partager des infirmations avec d'autres sociétés consentantes.

 

Concrètement, il propose des informations synthétisées, sous forme de tableaux de bord, qui devraient permettre aux libraires de mieux piloter leur activité que les outils de gestion habituels.

 

Plusieurs onglets offrent leurs tableaux respectifs. Le premier est focalisé sur le suivi des ventes, qu'il s'agisse de chiffre d'affaires, marges, éventuelles remises ainsi que leurs évolutions. D'autres se consacrent aux ventes et achats retours, au détail des articles en stock, ou encore au calendrier des mouvements observés. Ces données peuvent être analysées de manière globale, en fonction d'une période définie ou d'un rayon spécifique.

 

Fournir des réponses aux interrogations

 

Maya Flandin, libraire chez Vivement dimanche à Lyon, et vice-présidente du SLF, explique que dans une optique de comparaison, « on a besoin de se retrouver avec les mêmes chiffres entre professionnels ». Elle ajoute que l'Observatoire est également « idéal pour vérifier la pertinence d'une décision en librairie, de voir ce qui a fonctionné chez nous ou chez les autres ».

 

« On a besoin d'une veille permanente », estime la libraire. Ce que pourrait apporter un réseau de pros qui échangent. Matthieu de Montchalin vante également les découvertes conjointes, faites en observant les tableaux avec un diffuseur ou le représentant d'une maison d'édition. Avantage par rapport aux outils de gestion habituels, « on peut faire la part des choses entre ventes comptant et collectivités ».

 

Des données qui pouvaient parfois manquer, et permettent de « trouver de nouvelles explications », assure le président du SLF. Et plutôt que de se comparer toujours aux statistiques nationales, « sans aspérités », les usagers de l'Observatoire pourront également prendre pour repère un groupe de librairies plus proche de son propre profil, et de ce fait probablement plus pertinent.

 

Le début de la commercialisation de cet Observatoire est programmé aux Rencontres nationales de Lille, et tous les libraires disposant d'une connexion au web devraient pouvoir y accéder, même via un smartphone. Ce ne sera pas gratuit, mais le Syndicat étant porteur du projet, il a « beaucoup investi » dans le développement de l'outil. Les tarifs seront proportionnels à l'importance des entreprises.

 

Il faudra prévoir a priori au moins 15 euros par mois pour une petite librairie indépendante, quand le chiffre pourrait très bien atteindre plusieurs centaines d'euros à l'année pour une grande structure.