Occupy Wall Street : détruire une bibliothèque relève de l'autodafé

Clément Solym - 22.11.2011

Edition - Bibliothèques - Occupy Wall Street - bibliothèque - détruire


Ils avaient assuré qu'ils reviendraient. Ils ont tenu parole. Les manifestants délogés par les forces de police de New York ont repris leur place, et leur mouvement ne semble pas disposé à ne plus donner de la voix.


En fait, c'est même encouragé par différents acteurs que les manifestants ont décidé de reprendre le combat. Ainsi, Molly Raphael, président de l'American Library Association, a exprimé son plein et entier soutien à la bibliothèque Occupy Wall Street. « L'existence même de cette bibliothèque démontre que les établissements sont une part complète de nos communautés. »

 

Selon elle, le comportement du Maire de New York, qui a fait embarquer les ouvrages et détruire la petite bibliothèque de fortune - qui comptait tout de même plus de 5000 titres - est « inacceptable ». Ce bien public monté de toutes pièces par des bénévoles atteste d'une réelle démocratie, et d'un mouvement tourné vers le partage des informations.

 

Cette 'Bibliothèque du peuple' représentait alors une véritable force politique, autant qu'un élément social d'échange. Or, l'intervention des forces de police, sur l'ordre du maire Bloomberg, ne fait vraiment pas plaisir.

 

Un communiqué du président de l'association Common Cause, Bob Edgar, presse la ville et son maire de mettre la main à la poche. « Dans la mesure où les livres perdus peuvent être recensés, la ville devrait remplacer chaque titre, et en acheter deux exemplaires pour tous ceux qui ont été détruits », souligne-t-il.

 

Le Zucotti Parc, où se trouvait la bibliothèque, a été le siège d'arrestation, et de la destruction de différents abris, servant à la cuisine, les soins et autres. Si la présence des manifestants, poursuit Bob, peut être remise en question, comme un trouble de l'ordre public, les livres, eux, ne violaient les droits de personne.

 

« En effet, attaquer des livres, c'est porter atteinte aux droits protégés par le Premier amendement. Les gens qui pillent et vandalisent une bibliothèque ou une collection de livres se mettent au même niveau que ceux qui pratiquent des autodafés. Leurs actes sont intolérables. »

 

Dont acte.