Offre légale et illégale : quid du livre numérique en France ?

Clément Solym - 26.05.2011

Edition - Société - ebook - marché - france


L'offre illégale progresse. C'est qu'en même temps, l'offre légale ne progresse pas assez. Bilan des courses, la nature ayant horreur du vide, les internautes font en sorte de se procurer les uns les autres, les ouvrages numériques qu'ils désirent.

L'Observatoire du livre en Île-de-France, le MOTif, vient de diffuser son nouveau tableau de bord, établissant le paysage de l'offre légale et illégale en matière de livre numérique. En quelques points, on peut se rendre compte de l'évolution qui se dessine depuis ces derniers mois.

Pour commencer par la synthèse, voici ce qu'il faut retenir :
Plus de 1 titre sur 3 parmi ces best-sellers est disponible entéléchargement légal, contre 17 % en 2010 : l’offre légale s’est fortement développée, mais l’offre pirate augmente également, avec 36 % de disponibilité des titres du panel.

Les titres étudiés sont vendus à un prix numérique moyen de 12,2 € (13,6 € hors BD), contre 15,5 € pour la version papier, soit un différentiel de 21,3 % (contre 18 % en octobre 2010).
Mais plus précisément ?

Dans le détail, les plateformes de vente ont considérablement augmenté avec plus de 80 ebookstores, un chiffre qui exclut les éditeurs proposant de la vente directe sur leur propre site. Et dans ces nouveaux entrants, on découvre que les acteurs de la distribution classique s'installent aux côtés d'enseignes connues, ou de nouveaux acteurs.

D'autre part, on constate que les lecteurs ebook et smartphones portent le marché, avec des offres couplées entre opérateurs téléphoniques et prestataire, et/ou éditeur.

Représentatitvité de l'offre

Pour ce qui est de l'offre légale, on est passé à 80.000 titres, mais pour le plus grand plaisir de tous, les estimations de l'étude considèrent que l'on ne trouve que 10 et 12.000 ebooks en format EPUB sur la totalité. Le PDF prédomine largement (95 % des fichiers chez Didactibook, 90 % chez Immatériel, 75 % chez Fnac.com, 50 % chez Numilog).

On consomme plus, vraiment plus

Les téléchargements eux-mêmes sont en hausse, avec Fnac.com qui annonce 120.000 téléchargements en 2010, contre 60.000 en 2009 et près de 130.000 réalisés sur le 1er trimestre 2011. Donc 50 % de titres gratuits. Un chiffre qu'il serait intéressant de croiser avec les données que vient de livrer François Bon, concernant Publie.net.
publie.net : 1000 téléchargements par mois, c’est peu, mais on grandira tous ensemble si vous nous rejoignez. 34 % en vente directe depuis le site, 34 % depuis iTunes (et on espère le KindleStore en septembre parce que – pour nos auteurs – on a besoin d’élargir le cercle) et 32 % via l’ensemble des libraires, incluant des plateformes en ligne (FeedBooks, résultats en progression constante et étonnante sur les téléphones Androïd, bibliosurf.com, Fnac.com, mais aussi – via ePagine.fr – les achats directs depuis les liseuses Bookeen, et à dose très infinitésimale les ventes des libraires indépendants
La question captivante serait alors : sur le 1 % de marché estimé de l'ebook, comment se répartissent les parts entre les différents acteurs ?

Dans le domaine de l'illégal, on découvre un fourmillement de nouveaux sites, entièrement dédiés au livre numérique, qui coexistent avec les plateformes classiques de liens et de téléchargement.

Et les auteurs les plus piratés sont...
 
Les enjeux de référencement interviennent rapidement, avec une concurrence sévère entre les deux offres, via les moteurs de recherche. Là encore, on attend toujours les actions de Google, qui avait promis de faire un peu le ménage. Cependant, « la recherche par titre de best-seller sur un moteur de recherche fait apparaître l’offre légale dans 42 % des 10 premiers résultats ».

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