Olivier Poivre d'Arvor défend France Culture contre Nicolas Sarkozy

Clément Solym - 02.03.2012

Edition - Société - Olivier Poivre d'Arvor - Nicolas Sarkozy - Culture


Alors que son frère convoiterait un poste d'Immortel, avec costume vert et coupe-choux gravé, à l'Académie française, Olivier Poivre d'Arvor, directeur de la radio France Culture doit actuellement se défendre de tout prosélytisme. Et surtout se défendre d'instrumentaliser sa radio... au détriment de Nicolas Sarkozy.

 

« Mal-aimé, je suis le mal-aimé », fredonne le président, pour qui OPdA avait ouvertement apporté son soutien à François Hollande, alors que, président de France Culture, il avait publié dans l'Express une tribune pour expliquer son attachement à la politique défendue par Françaois Hollande. Un crime le lèse-sarkojesté, estime le candidat-président : « Imaginez si un dirigeant d'une radio publique faisait campagne pour moi dans L'Express ! Est-ce que c'est ça la République exemplaire », demandait-il sur France Inter ?

 

 

 

Réponse illico d'OPdA, qui assure avoir toujours exercé son travail à la tête de France Culture, dans le plus grand respect de la radio et de l'impartialité qui convient et s'impose. « Directeur d'une radio de service public, je veille scrupuleusement à ce que France Culture soit un média pluraliste, ouvert à toutes les sensibilités », explique-t-il dans un communiqué diffusé par l'AFP.

 

 

Mieux : « Une telle exigence se traduit dans l'exercice de ma fonction par une neutralité absolue à l'égard des sujets comme des propos diffusés sur notre antenne. »

 

Alors quid de cette tribune dans l'Express ? Eh bien, une faute de parcours, peut-être ? Pour le Syndicat des journalistes, le SNJ, le patron de France Culture n'a pas assez fait attention  à sa position et surtout, aux responsabilités qui sont les siennes. « Après avoir soutenu Martine Aubry, Olivier Poivre d'Arvor s'est mis à manifester bruyamment son soutien pour François Hollande. En prenant publiquement position pour un candidat, il a mis en péril la crédibilité de toutes les chaînes de Radio France. »

 

Et le SNJ de solliciter un rendez-vous avec Jean-Luc Hees pour évoquer ce point. Point ? Quel point ? 

 

C'est que pour OPdA, cette situation est un non-sens : il a déjà donné toutes les explications nécessaires dans le livre qu'il a fait paraître en janvier dernier, Culture état d'urgence. Dans le livre, on savait déjà tout de ses idées - y compris les erreurs factuelles, nombreuses, ou les absences de sources, pour vérifier ses dires... (voir notre actualitté)

 

Cette vision, « m'engage à titre personnel », assume-t-il, certes, mais un peu tard, probablement...

 

C'est qu'en matière de Culture, il n'y a qu'un poste, et quitte à parier sur l'un des poulains en course, autant se donner à fond ?