On a enduré la chronique de Frédéric Beigbeder sur France Inter

Nicolas Gary - 25.08.2016

Edition - Société - chronique Frédéric Beigbeder - France Inter billet - rentrée littéraire Beigbeder


Le calendrier de toutes les rédactions, frappé d’un sceau impérial, était rivé à cette date du 25 août. Parce que France Inter ouvrait ses ondes à un jeune chroniqueur, plein d’allant et de charme, et surtout, voué à une grande carrière. Tout aussi grande que les ondes en question. Frédéric Beigbeder faisait donc sa première chronique, et ActuaLitté a écouté. Sagement. 

 

 

 

Nous avions tout prévu : café, substances licites et illicites indispensables, tout pour accueillir à bras ouverts le billet de Beigbeder – que l’on désignera désormais par Initials BB. Et le moins que l’on puisse dire... c’est qu’en dépit des ondes longues, l’affaire a fait long feu.

 

Brandissant sa carte de cantine Radio France, valable jusqu’au 31 juin 2017, Frederic a revendiqué sa place jusqu’à cette date, assurant : « Je ne suis pas virable avant. »

 

Pour l'amateur, les interventions de chroniqueurs et les billets d’humeur de France Inter sont une référence : Sophia Aram, maîtresse absolue de la discipline (si, si...), ou encore Charline Vanhoenacker et son coreligionnaire en subversion radiophonique – © Desproges – , Alex Vizorek, ont hissé le genre au rang d’art.

 

Et d’autres, comme Guillaume Meurice, Nicole Ferroni, ou le magistral troubadour François Morel...

 

Bref, France Inter se payait jusqu’à lors la quintessence, et c'est fort logiquement qu'avec la baisse du prix du baril, il ne reste que l’essence. À peine de l’ordinaire. Le décapant de l’oléagineux Beigbeder n’y a rien fait. Comme le chantait Orelsan, qui aurait certainement plus sa place, « fallait s’douter qu’du white spirit et d’l’huile, ça ferait jamais l’essence ».

 

La prestation fut donc délicieusement beigbederienne, avec le lot de plaisanteries que l’on s’attendait à trouver. « J’ai passé l’été à faire du sport, assis, devant ma télévision en mangeant des chips. Je peux l’affirmer en connaissance de cause, le sport fait grossir. » Subtil, diffus, divin.

 

Du reste, Frédéric s’était mis en tête de parler – surprise ! – de rentrée littéraire, « un sport très cruel, sorte de ball-trap humain, typiquement français : je rappelle les règles du jeu. 500 écrivains, très intelligents, ont l’intelligence de publier tous leur roman le même jour ». 

 

Et tous ces livres, c’est donc en regardant les Jeux olympiques, chips en main, que notre matutinal chroniqueur les a lus. La suite, en vidéo.

 


 

 

Rendez-vous chaque jeudi matin, pour un moment d’intense plaisir. Avec deux regrets : le premier c’est qu’il n’y ait pas de période d’essai. Le second : si Frédéric avait fait paraître un livre pour cette rentrée, France Inter nous l’aurait épargné.