On ne traite pas des insulaires écossais d'alcooliques

Clément Solym - 22.06.2009

Edition - Les maisons - traiter - insulaires - ecossais


Anciennes bases navales britanniques durant les deux Guerres, les îles d'Orkney étaient devenues le thème central du livre de Max Scratchman. Et comme son nom l'indique, son bouquin avait tendance à gratter... voire à furieusement démanger, du moins les locaux. Chucking It All: How Downshifting To A Windswept Scottish Island Did Absolutely Nothing to Improve My Life est pourtant le récit de plusieurs années passées sur ces îles...

En effet, Max les décrit comme « guindés, des ivrognes émotionnellement refoulés, coincés dans les années 50 », petit florilège de qualificatifs qui n'ont pas du tout enchanté les Écossais de l'archipel. Au point qu'ils menacent de porter plainte et qu'ils contraignent l'éditeur à ficher le manuscrit à la poubelle.

Il est vrai que Max n'y va pas avec le dos de la cuillère : pour lui, les insulaires sont « de véritables Jekyll et Hyde », quand tombe la nuit et que le rhum ou les whisky, et souvent les deux, constituent l'essentiel de leur activité. « Les deux plus grands passe-temps durant les longues nuits d'hiver sont les racontars et l'adultère », explique-t-il. Mieux : on se croirait sur une planète tout droit sortie de Star Trek...

Image peu flatteuse, et pas forcément bonne pour le tourisme, alors que les îles sont souvent désignées comme le royaume de Dieu sur Terre. Ce qui a largement motivé la volonté de poursuites judiciaires et la résignation de l'éditeur à annuler la publication. Pour la directrice de l'office du tourisme, la vision des choses par l'écrivain est plutôt amère, et la vie sociale des habitants ne tourne pas autour de l'alcool. Et moins encore pour ce qui est de l'adultère.

Après deux ans de rédaction, les 70 îles - dont 21 seulement sont peuplées - auront donc eu raison du livre de Max.

Au fait, Rowling, elle est originaire d'Écosse, non ?