On peut rire de tout, mais pas avec la poupée vaudou de Sarkozy

Clément Solym - 14.11.2008

Edition - Justice - poupées - vaudou - report


Alors qu'hier se tenait ce qu'on espérait être le dernier épisode dans l'affaire où Nicolas veut empêcher la France de jouer avec des poupées à son effigie, finalement, voilà que le rebondissement inattendu survient : on reporte. Et au 28 novembre. Et tout cela après que le président a été débouté dans le dernier épisode.

Résumé de la séance d'hier...

À la 14e chambre de la cour d'appel, c'est « Nicolas Sarkozy en sa qualité de citoyen, qui n'a pas à être mieux traité qu'un autre, ni moins bien », qui était représenté par son avocat Me Herzog. Et l'attaque a changé. Désormais, on souligne les difficultés financières de la maison d'édition, pour qui cette « opération commerciale et publicitaire [menée] sans l'accord de Nicolas Sarkozy » incarnerait une manne. Vicieux, mais bien joué.

Et Me Herzog d'ajouter que la caricature est largement dépassée en ce que la poupée « invite les gens qui détestent ou méprisent le président à jouer un rôle actif, les incitant à piquer la poupée dans le but de faire du mal ». Ça pique, décidément. Et si l'éditeur estime que ne pas apprécier son objet n'est « pas une raison pour en demander le retrait », l'avocat Me Arnaud Rouillon rappelle surtout que l'on joue dans le second degré. « Il n'y a ni attaque personnelle, ni atteinte à la dignité de la personne. »

Mais pour Me Herzog, c'est carrément « une incitation à la haine », avant de conclure : « On peut rire de tout, mais pas avec n'importe quoi. » Même pas capable de citer correctement ses classiques...

Pour mémoire, les 20.000 exemplaires sortis par l'éditeur sont en rupture de stock... Pour que le procès dure...