Open Book Alliance : aider les éditeurs comme les auteurs

Clément Solym - 03.06.2011

Edition - Société - editeurs - auteurs - open


Dans le cadre du Deuxième Forum mondial de l'UNESCO sur la culture et les industries culturelles, qui se déroule à Milan du 6 au 8 juin, ActuaLitté, inaugure une série d'interviews des différents participants et acteurs de cette manifestation.

Aujourd'hui, Peter Brantley, cofondateur de l'Open Book Alliance


ActuaLitté : Comment définiriez-vous le travail de l'Open Book Alliance, dans le domaine de la numérisation ?
Peter Brantley : L'Open Book Alliance (OBA) est un organisme composé d'éditeurs, d'auteurs, de bibliothécaires et les entreprises technologiques qui prône la concurrence dans l'accès aux livres numériques. L'OBA ne mène pas elle-même de projets de numérisation, mais elle comprend des membres comme Internet Archive, l'organisme pour qui je travaille, qui numérise divers contenus, notamment des bibliothèques, des livres non réédités ou des œuvres du domaine public.

A Internet Archive, nous avons découvert que les bibliothèques américaines sont intéressées par des programmes de prêts numériques qui donneraient accès à des livres épuisés et des oeuvres non distribuées. Ces programmes de prêt proposent une certaine continuité des pratiques historiques des bibliothèques, tournées vers la communauté locale. Bien que celles-ci soient uniquement structurés pour le contexte nord-américain, elles reproduisent de nombreuses caractéristiques des initiatives au Royaume-uni, en Allemagne, en France et dans plusieurs pays asiatiques. [voir notre dossier sur l'Internet Archive]


ActuaLitté : Quelle solution pourrait aujourd'hui présenter une alternative ou se substituer à Google Books ?

Peter Brantley : Une question simple mais la réponse est complexe. L'accord proposé pour Google Book Search (GBS) aurait permis à Google d'uniquement bénéficier de la commercialisation de la production littéraire du 20° siècle, sous forme de monopole selon la loi en vigueur aux USA concernant les “class action”.

Sous de nombreux aspects, ces propositions représentaient une version privée d'une licence collective étendue (ECL), et qui si appliquée correctement par voie légale, permettraient à toutes sortes d'organismes de bénéficier de termes négociées avec les ayants droits.

Il y a eu des discussions sur comment structurer l'ECL pour en faire bénéficier par exemple la Digital Public Library of America (DPLA) mais sans précédent aux USA de cette forme d'association volontaire de droits (VRA), trouver une solution équitable pour toutes les parties reste compliqué.


ActuaLitté : Est-ce que l'OBA projet d'ouvrir un ebookstore ?
Peter Brantley : Non, l'OBA ne numérise pas de livres. En ce qui concerne Internet Archive, nous sommes une association à but non lucratif, mais sommes heureux de pouvoir rediriger les gens vers des revendeurs de livres ou livres numériques. Nous croyons aussi fermement que l'accès aux livres numériques via les réseaux de bibliothèques permettra d'assurer la notoriété de la production littéraire, grâce à des coûts marketing ciblés et réduits et par là-même augmenter les ventes de livres.

Nous voulons que les éditeurs gagnent de l'argent et investissement dans de nouvelles créations et nous voulons que les auteurs écrivent des livres.

Tout ce que nous faisons pour encourager ces objectifs tout en facilitant un accès large à la littérature dans les bibliothèques est une de nos plus hautes priorités.

ActuaLitté : Que lisez--vous actuellement ?
Peter Brantley : Paris, 1919 : Six mois qui changèrent le monde (appelé aussi “Peacemakers” au Royaume–Uni) par Margaret MacMillan.
L'ouvrage reprend les pourparlers d'après-guerre qui établiront une nouvelle scène géopolitique et ses conséquences sur la plupart des évènements du 20ème siècle.