Open Data : voyage dans une démocratie créative

Minh Phan - 24.03.2013

Edition - Bibliothèques - Open data - bibliothèques - données publiques


L'administration publique possède, dans son activité quotidienne, « un gisement de données à la fois fiables et utiles » constate Pierre Paul Penillard. Les informations structurées constituent l'Open Data : une dynamique « de mise à disposition » des données publiques numériques. Quels sont les enjeux et les objectifs de l'Open Data71 ? 

 

 

 

 Paul Penillard, au micro

 

 

Le projet d'Open Data crée, il y a presque deux ans (en septembre 2011), par le Département de la Saône-et-Loire devrait inciter, dans les années à venir, d'autres collectivités à se lancer dans le partage de leurs fichiers numériques. L'ouverture des données doit faciliter la circulation des informations sans contraintes techniques. Et surtout, s'affranchir des restrictions juridiques et/ou financières qui entraveraient leur libre diffusion et réutilisation sous des formats ouverts et exploitables.

 

« Il y a un mouvement sociétal » qui profite de cette dynamique, précise Pierre Paul Penillard. Aujourd'hui, face au foisonnement des informations, la transparence s'impose : les producteurs et ré-utilisateurs de données numériques publiques doivent pouvoir y accéder et les traiter librement et gratuitement. 

 

Tous les acteurs sont concernés : aussi bien l'État, les administrations, les collectivités territoriales que les citoyens, eux-mêmes. Pour ces derniers, la libération des données satisfait leur droit d'être informé, tout simplement !

 

Toutefois, tout ce qui concerne la vie privée et tout ce qui relèverait de la sécurité nationale ne saurait être disponible, de libre accès... L'Open Data répond aussi à un enjeu économique. La réutilisation de données ouvertes d'un territoire (tourisme, transport, économie, etc.) permet, par exemple, la création de nouveaux services. La libre diffusion renforce la connaissance du territoire, et donc sa visibilité. 

 

Moderniser les administrations et les collectivités territoriales est aussi un objectif de l'Open Data : on décide et communique mieux avec la réutilisation plus ou moins de l'oeuvre originale.

 

« Mais que vient  faire une bibliothèque dans l'Open Data ? » se demande Jérôme Triaud (directeur de la Lecture Publique de Saône-et-Loire). La réponse est simple, c'est pour faciliter la vie : «  il faut agréger l'ensemble des données d'une bibliothèque, à travers l'Open Data. On constitue ainsi un catalogue collectif (…) et les informations peuvent être enrichies par les citoyens. »

 

En disposant des données d'autres secteurs et « les agréger par la suite à ses propres informations ne peut qu'améliorer l'organisation du service public ». 

 

L'embrasement de cet écosystème récent possède en soi une « auto-modération ». En effet, « on n'est pas obligé de tout accepter », précise J.Triaud. On peut contrôler les informations que l'on donne : un comité d'éthique, jouant le rôle d'un garde-fou, veille sur le libre accès des données ouvertes et surtout les plus sensibles.