Openchabab : une plateforme de formation pour journalistes au Maroc

Nicolas Gary - 23.10.2018

Edition - International - Openchabab formation journaliste - éditeur journalisme Maroc - liberté expression Maroc


La maison d’édition marocaine En toutes lettres, fondée par Hicham Houdaïfa et Kenza Sefrioui, vient de monter Openchabab – Jeunesse Ouverte, littéralement. Cette plateforme offrira une double formation orientée à la fois vers les valeurs fondatrices d'un projet humaniste et le journalisme. Un manque dans le pays, estime l’éditeur, basé à Casablanca.

 


collection Enquêtes

 

L’idée première est de « mettre le pied à l’étrier à de jeunes journalistes et acteurs de la société civile, avec qui nous pourrons collaborer pour notre collection Enquêtes, dédiée au journalisme d’investigation », indique Kenza Sefrioui. « Pour une maison indépendante, survivre dans le marché du livre au Maroc est très difficile. »

 

Dans le pays, la précarité du secteur de la presse autant que celui de l’édition est notoire. « Les journalistes indépendants courent après des papiers alimentaires. Les salariés sont souvent dans de petites équipes sans possibilité de dégager du temps pour une enquête », note l’éditrice.

 

« De notre côté, nous n’avons pas les ressources pour verser un à-valoir qui couvrirait les mois nécessaires à une enquête. » Ces raisons ont poussé à la création d’Openchabab. « On espère, à l’issue de la formation, parvenir à dégager plusieurs projets de livres. » 
 

Promouvoir et diffuser l'humanisme, un défi

 

Car l’enjeu est également sociétal : « Le véritable problème réside dans la régression de la liberté de la presse au Maroc. En nous appuyant sur des sujets de société clivants, la maison se positionne sur l’échiquier intellectuel, et tente également de faire valoir un plaidoyer pour des valeurs humanistes. »

 

En effet : En toutes lettres n’a pas pour seule perspective de partager un savoir sur des questions techniques. « Nous voulons encourager les journalistes formés à réfléchir sur leur propre positionnement. Comment écrire sur l’égalité homme femme sans en être convaincu, ni disposer d’informations réelles ? »

 

Une vingtaine de candidatures a été reçue à ce jour, avec une diversité remarquable. Bien entendu, la formation cible des journalistes, mais également des personnes issues de la société civile, pour réactiver les liens. Mais l’objectif est aussi de collaborer avec des associations : une approche fondamentale, « parce que nombre d’entre elles œuvrent à maintenir le réseau social », insiste Kenza Sefrioui (en photo).

 

La formation, concrètement, se déroulera sous la forme de master class, chaque samedi après-midi, durant trois heures. Pendant quatre mois, une thématique spécifique sera abordée – parmi lesquelles mixité sociale et égalité des chances, sécularisation et lutte contre l’extrémisme religieux, égalité homme femme, libertés individuelles et démocratie participative.
 

Travailler tous les aspects du métier

 

« Durant un premier quadrimestre, nous ferons un tour d’horizon de la mixité sociale avec différents intervenants, notamment autour du sujet de l'école. L’école publique est le premier lieu de l’apprentissage de la ségrégation chez nous, c’est un véritable naufrage social », poursuit l’éditrice. 

 

Openchabab est ensuite une plateforme de diffusion à l’échelle méditerranéenne. Le site www.openchabab.com et les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et chaîne Youtube) relaieront ainsi les contenus produits. Une partie de ce contenu sera également diffusée par des médias partenaires du Maroc du pourtour méditerranéen. Un travail de traduction permettra une plus large diffusion de ce contenu. 


 

« Il nous faudra à l’avenir envisager une approche de cours en ligne – dans les candidatures, des personnes qui n’habitaient pas au Maroc nous l’ont demandé. » Un modèle de MOOC sera donc à prévoir, ainsi que l’adjonction de ressources en ligne.

 

Jean-Baptiste Malet Prix Albert-Londres
2018 : L'Empire de l'or rouge

 

Le financement de cette formation a été assuré par Canal France International, organisme de soutien à la presse indépendante, notamment dans les pays francophones. « Cela nous garantit les deux années de formation. Le ministère de la culture dispose d'aides et de subventions pour l'édition. Mais pour notre projet, s’il avait fallu espérer une subvention du ministère de la Culture, nous n’en aurions jamais vu la couleur. »

Le site n'est pas encore en ligne, mais l'éditeur en offre une présentation ici.




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.