Opposition farouche des professionnels au rachat de The Book Depository

Clément Solym - 19.07.2011

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L'annonce du rachat de The Book Depository par la société Amazon a vraiment rendu les professionnels de l'édition, en Angleterre, assez nerveux. De même qu'en Australie, les groupes se sont montés pour dénoncer cette acquisition, de même, le Royaume-Uni connaît une vague de mobilisation.

Le PDG de l'Australian Booksellers Association, Joël Becker traduit toutes ces informations dans une synthèse simple : « Tous les deux nous rendent déjà nerveux, donc ensemble, ils nous rendent encore plus nerveux. » Par la suite, ce sont les Anglais qui ont tiré en second, alors que la Booksellers Association redoutait que cet accord n'instaure « un monopole de facto ». (notre actualitté)

Très intelligemment, Amazon avait sollicité l'Office of Fair Trade, pour une enquête, qui n'a pas manqué de faire naître de multiples réactions. Et les personnes soucieuses d'intervenir pouvaient le faire jusqu'au 18 juillet. Hier, donc.


Richard Mollet, directeur de la Publishers Association expliquait pour sa part que c'était une première que de voir deux sociétés se rapprocher de la sorte. Et que nécessairement, un tel regroupement, avec la puissance qu'il peut dégager pousse les maisons d'édition à tenter de faire bloquer cet achat. Selon lui, il est grand temps que les autorités de la concurrence se penchent sur des développements de ce type entre revendeurs de livres au détail.

L'angoisse des éditeurs

Mais que craignent au juste les éditeurs ? « Aujourd'hui, un Amazon tente d'obtenir des points de remises plus importants que pour tous nos autres partenaires. Si l'on pratique une remise entre 31 et 35 %, Amazon veut obtenir du 40 voire 45 % », nous explique un éditeur français - de taille moyenne. Assurément, avec une telle fusion, les remises réclamées seront plus massives, parce qu'Amazon pourra faire valoir plus encore le volume de ventes possible...

C'est avec ce type d'idée en tête que l'on apprend l'arrivée d'un nouveau soutien dans cette affaire, puisque The Bookseller Group, éditeur du journal professionnel The Bookseller, a décidé de rejoindre les rangs des opposants au rachat de The Book Depository.

Pour le groupe, « c'est plutôt la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Si Amazon est dans une position plus forte encore pour demander des remises aux éditeurs, cela pourrait également avoir un effet d'entraînement sur les indépendants et les petites chaînes, si les éditeurs tentent de maintenir leurs revenus ».

Et pour cause : ce que l'on perdrait en remises d'un côté, il serait logique de tenter de le regagner de l'autre...

L'enquête et la décision de l'OFT sur ce rachat doivent être finalisées et connues au 30 août. Bonnes vacances...

via The Bookseller