Oppression : Un auteur de moins à lire, on est ravi, alors on raille

Clément Solym - 02.03.2010

Edition - Société - Heidegger - BHL - lire


Mince... Ça fout un sacré coup au moral d'entendre cela : BHL invité au Fou du roi, présenté par un Stephane Bern élogieux, on se dit que le service public s'est aussi fait avoir. « Fichez la paix à l'homme, seule l'oeuvre compte. »

Fier comme un coq monté sur des ergots en platine, le philosophe avoue avec accablement que la polémique Botul : « Cette fois, ça m'a sidéré ! »

Heidegger, BHL, même oppression !

Mais, l'homme est philosophe : il comprend la petitesse de l'être humain. Après tout, ce qui compte c'est de n'avoir pas à lire et tout ce buzz autour de Botul, c'est bien destiné à l'exclure des lectures de Français. Il l'avait déjà dénoncé concernant Heidegger : « Quand on peut dire un de mois [NdR : à lire]... on est ravi ! »

Et lui-même est la victime toute trouvée. Parce qu'il est au moins aussi intéressant que Heidegger. Et qu'on veut le faire taire. À ce titre, la voix élevée par Ségolène Royal, qui, en pleine campagne a écrit une tribune dans le Monde pour défendre le philosophe, ça l'a littéralement « bouleversé ».

Sûrement beaucoup, parce que, vu ce que Mme Royal a montré qu'elle avait retenu et compris de cette histoire Botul, on imagine à quel point BHL exulte... Attendu que la Dame des Charentes se fiche le doigt dans l'oeil jusqu'au coude, cela désinforme et joue le jeu de BHL qui aimerait bien qu'on oublie ses étranges manières de travailler.

« Je suis un philosophe en guerre pour faire entendre un message », clame alors BHL, qui ajoute avec pudeur : « Je suis candide. » Alors quand il se fait photographier devant des dorures, c'est qu'il y a une explication.

Botul a trappé Levinas

Une victime. C'est certain. D'ailleurs, Botul a finalement « trappé Levinas » : le sujet Botul a fait oublier tout l'intérêt des textes essentiels et finalement ce livre qui ne se vendait pas, ces gens inconnus « se font de la pub sur mon dos ».

Même Daniel Morin n'osera pas faire état de sa verve habituelle. Oh, si : il tentera bien de rapprocher Mickael Vendetta de BHL (pas mal, si, si). Il arrivera à dire que son livre de 1400 pages rappelle étrangement un vieux classique de France Telecom, tout de jaune recouvert...

Mais les huées du philosophe, qui ponctueront la chronique (sous prétexte de huer toute remarque machiste, clame-t-il avec force...), deviennent vite insupportables.

Espérons de Didier Porte saura relever le niveau...